‹ ŒuvresChapitre 12 sur 192 · LE DIEU DES CAMPAGNES · texte numérisé non relu

LE DIEU DES CAMPAGNES

Il est un Dieu qui préside aux campagnes, Dieu des coteaux, des bois et des vergers : Il règne, assis sur les hautes montagnes, Et ne reçoit que les vœux des bergers. Que les présents de leurs douces compagnes. De ses bienfaits rapides messagers, A son signal, des ministres légers, Prenant l'essor, vont couvrir de leur aile La fleur naissante ou la tige nouvelle.

I. Cette pièce, inspirée à l'auteur par un passage de la cinquième églogue de Virgile, se trouvait seulement dans les notes de sa traduction des Bucoliques : « Cette apothéose de Daphnis devenu tout à coup une divinité champêtre, dit-il, m'a donné l'idée d'une autre fiction, du même genre, qui a du moins le mérite de la brièveté. » Nous n'avons pas cru devoir laisser un aussi charmant morceau de poésie, perdu dans ces notes oîi personne n'irait le chercher. Il faut pourtant remarquer que l'auteur avait emprunté à ce morceau douze ou quinze vers, pour les intercaler dans l'élégie du Bois détruit. Voy. ci-après pages 49-50.

42 Œuvres de Millevoye.

Sur les destins du champêtre univers, Incessamment il tient les yeux ouverts.

Pour ses regards, la nuit n'a plus de voiles. A la lueur des tremblantes étoiles, Il veille au loin. Familles des oiseaux, Il recommande aux brises bocagères.

De balancer vos mobiles berceaux !

Il ne veut pas que l'enfant des hameaux Vienne ravir les petits à leurs mères; Il ne veut pas que de l'âpre Aquilon Le char nocturne écrase les fougères, Ni que le lis, parure du vallon, Tombe foulé sous le pied des bergères.

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