‹ ŒuvresChapitre 50 sur 192 · LA PROMESSE · texte numérisé non relu

LA PROMESSE

Dans la première édition des Elégies (1812), cette pièce contient quelques variantes qui méritent d'être recueillies:

Pars! m'as-tu dit; aux champs de la belle Italie,

Va cueillir des lauriers : le myrte aura son tour.

Ma bouche te promet les baisers du retour.

Du retour!... Eh! dis-moi, qui pourrait sans folie

Au douteux avenir confier ses destins ,

Et, dans le jour qui luit, renoncer à la vie,

Pour vivre en des jours incertains?...

Je ne sais, mais déjà les sinistres présages

Poursuivent mon cœur alarmé.

Hélas ! tout est malheur pour qui n'est pas aimé ! Point d'asile pour lui , point de fleurs ni d'ombrages ,

Au sein du désert enflammé ; Point de cieux sans périls, point de mer sans naufrages: La nef aventureuse appelle les orages ; Du char qui le conduit, les coursiers vagabonds

Dispersent en éclats la roue étincelante... Et je pars, et ta voix, tendrement consolante,

Ne rassure pas mon amour !

Et tu me parles du retour !

Ah ! loin que ton sourire insulte à mes alarmes ,

Laisse-les passer jusqu'à toi.

Et prépare tes yeux à de tardives alarmes. Si tes larmes jamais peuvent couler pour moi !... Mais non, de ton amour, que la douce magie Ote quelque amertume au départ douloureux. Joins ton âme à mon âme et ta vie à ma vie ; Laisse le plus fidèle être le plus* heureux. Dis un mot, et pour moi plus de triste présage: La terre sourira, les cieux s'embelliront...

Variantes des Elégies. 169

LE BOIS DETRUIT

Voici les variantes de la première édition (181 2). Elles sont empruntées la plupart au Dieic des campagnes, élégie publiée en 1809. Voy. ci-dessus, p. 4,1-42.

Nymphes , pleurez ! Sous la hache inhumaine,

S'est abaissé le front mouvant des bois.

Pleurez, Amours ! Le feuillage du chêne...

Implore en vain contre les feux du jour

L'ombre espérée... elle a fui sans retour!...

De ses bienfaits rapides messagers,

A son signal, des ministres légers...

Sur les destins du champêtre univers,

Incessamment il tient les yeux ouverts.

Pour ses regards, la nuit n'a plus de voiles.

A la lueur des tremblantes étoiles.

Il veille au loin. Famille des oiseaux,

Il recommande aux brises bocagères

De balancer vos mobiles berceaux ;

Il ne veut pas que l'enfant des hameaux

Vienne ravir les petits à leurs mères ;

Il ne veut pas que de l'âpre Aquilon

Le char nocturne écrase les fougères,

Ni que le lis, parure du vallon.

Tombe foulé sous le pied des bergères...

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