LE BUCHER DE LA LYRE
Page 117, vers 8. — Simonide, traité avec un peu de rigueur par Quintilien, excellait dans la peinture des affections douloureuses. Catulle disait : Mœstius lacrymis Sivionideis.
Page 117, vers 20. — La lyre du poète, condamnée au bûcher en expiation de ses accords indiscrets, et chantant elle-même son hymne funèbre, n'offrait-elle pas une composition assez neuve par sa forme antique? Il m'a semblé que la poésie ne reproduirait pas sans quelque charme les derniers adieux d'une lyre : novissima verba.
LA SULAMITE
Cette élégie est tirée du Cantiqtte des Cantiques, pastorale charmante attribuée à Salomon, et imitée par Voltaire, avec la piquante originalité qui caractérise les plus légères productions de ce talent supérieur. J'espère que mes lecteurs voudront bien oublier un instant l'imitation de Voltaire, et ne comparer la mienne qu'à l'original.
i88 OEuvres de Millevoye.
L'ARABE
AU TOMBEAU DE SON COURSIER
On connaît l'attachement des Arabes pour leurs chevaux, et les services que leur rendent ces sobres et rapides compagnons d'une vie errante et belliqueuse.
C'est le cheval arabe qui est représenté dans ce passage sublime du livre de Job :
Numquid prœbebis equo fortitudinem, aut circumdahis collo ejus hinnitum ?
Numquid suscitabis euni quasi locustas ? Gloria narium ejus terror.
Terrant ungulâ fodit, exultât audacter : in occursum pergit armatis.
Contemnit pavorem, nec cedit gladio.
Super ipsum sonabit pharetra, vibrabit hasta et clypeus.
Fervens et fremens, sorbet terram , 7iec reputat tubœ sonar e clangorem.
Ubi audierit buccinam, dicit Vah ! Procul odoratur bellum, exhortationem ducum et ululatum exercitûs.
Dans la tragédie à'Abufar, où le respectable Ducis a si bien peint les mœurs du désert, Pharan parle ainsi de son coursier fidèle :
J'ai nourri de ma main ce coursier généreux, Qui devance les vents, ou qui vole avec eux; Que pour l'Arabe exprès la Nature a fait naître; L'ami, le compagnon, la gloire de son maître; En tout temps, en tout lieu lui prêtant son appui ; Qui couche sous sa tente et combat avec lui.
Notes des Elégies. 189