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ŒtrVRES DU PMNCE DE LICÎSE.
que jamais rien, et mes réflexions sont très iniiïiles. | J'aurai soin d'y suppléer par mes amis, auxquels! ferai des questions ; cela paraîtra nouveau , puis j'ai quitté le grand monde et que je ne vais plus à I cour. Je suis souvent bans la plus grande igraorano Soyez, je vous prie, bien persuadé. Monsieur* qii je serai charmée de vous donner en votre partial lier des marques de mon estime ; j'en ai conçu « véritabie pour vous, pendant que j'ai eu le plaisir < vous voir. Donnez-moi souvent de vos nouvelles* i ne me laissez pas ignorer celles qui auront rap à M. deBonneval.
On est dans les fêtes pour le mariage de Mad de France avec FinfantDon Pbîlippe* Je crois que j serai presque seule dans Paris dans très peu jours ; je n*ai pas de regret à ce que les jeunes pcr- " sonnes appellent plaisir. Tai renoncé à tout, bor^ li , tranquillité que je peux me procurer : ce n'est ] une grande ambition. Votre ami m'a remis votrtl lettre avec toute la discrétion imaginable. Je nejirc- j vois pas que je puisse être utile à voire nei«B* M, son père veut qu'il aille le retrouver, et il ffi*i dit qu il partait dans très peu de jours. Si une kiXa pour M. l'ambassadeur de France à Soleure peut \m être utile^ je lui en procurerai. Soyez bien ^eniâM, Monsieur, que je serai toujours très aise de wis convaincre de ma sincère amitié, et que je suis irè parfaitement votre très humble et très obéissaui? servante,
BjROX-fiûXNËVM*
Paris, ce 9 septembre 1739 {i).
Le détail que vous me .faites, Monsieur, des circonstances où s'est trouvé M, de Bonneval, ne m'ont point étonnée. J'ai toujours pensé que ce ne pouvait être qu'une situation violente qui avait déterminé son sort; et, quoique je ne fusse point informée de toutes les particularités , il avait transpiré dans ce pays ici une partie des persécutions de l'Empereur. Je ne parlerai point en missionnaire, ce n'est point mon affaire, et je continuerai à m'affliger de son sort qui aurait été sans doute plus heureux, s'il avait un mérite plus commun. Rien n'est si touchant que ce récit que vous me faites : je suis persuadée que les plus rnsensibles seraient émus à l'entendre. Vous me connaissez assez pour juger de l'impression qu'a fait sur moi un événement aussi intéressant par luimême. Tout ce que vous me mandez avait été altéré,
(J) CeUe lettre parait avoir été adressée à la même personne que la précédente.
OEUVRES DU PHl!^CE I)E LIGNE.
et bien des faits particuliers ignorés, Uambas&ideirf de France a fort peu parlé ici de M. de Bonncval, ce que je crois. Du moins, tout ce qui niVst revem par lui ne m'a jamais donné une juste idée de si position. E me paraît que l'on ne sait poiiU bitwe cour si M. de Bonneval est à Tarmée* On le suppose par la mauaeu\Te que font les Turcs , et là bataille de Krotzka, où ils ont con^attu avec une disrîplijie très nouvelle pour eux, le persuade à tout le inooiie. Oïl compte ici que l'armée de rEmpereur est détruite, et que la prise de Belgrade va le mettre dan* h nécessité de demander la paix à toutes les conditions que le Grand-Seigneur voudra lui impû^> Tous les ministres sont fort sages et ne parlent poiBl du désastre des Allemands : mais tous les Fmnçai^ sont encliantés, et Ton voit une joie générale (1)J '
(1) Il est pouHant siaguU^r que, même sans gaerre, k FnM««i voulût toujours à la maison d'AutricliË : je n'eo veux pas à €«U« ^ BaurboD ; j'en aciorais los principaux que J>i cooous, et «ftii piéribsî Pintciiit giinéml. Uàis si pour ec^Lui qu'ils iospiri'iil et pouf ct\tà é tous les trôno!!, on leur avi|U rendu le leur, il fâlfôU leur iLirf : S»*" veuez^vous en pour que votre mioUlère Infernal, ou pareiKtii, fl« li^fer, ou ignoranl^ ou ptiUt, ou emieux, nu tnlrigaDl, ou «rfailDii^ nous laisse en repos et ne soultWe ni nos sujeU, ni noa voliist oniN noui, ot ne se mélc plus des Fli^mftnds^ des Honp-ois, de rCOfift ê des HoHaniiais- K'avons-nous pas vu M. d'Aiguillon nous refiiwr** secours d'hommes ai d'argent pour empêcher le premier pirl*r ''^ Polopio; M, de Vergennes sonner le loscio pour no* prélenlioi^i i Bavière et uns droiti àla libcrlé de l'Escaut, elc/?
J^j'proiivai moi- mémo, a vaut tout cela, une suite de TiôUH^ Française, il u and j^ailai porler k Versailles In nouvHU* d'uBi^^ '" vîeloîres. * Vous ies remportez Lien tard, ■ nie dil l** tiiifef^^ •* Belle-Islet atora ministre de la guerre* ^ Lu cajui^|n# |«iiée,Hvcliï^
y a des gens quijprétendent que celle de la cour parait au milieu de la politique. Les Turcs ont toujours paru aimer les Français. Je ne dis rien de la conduite de M. de Villeneuve ; elle m'a toujours paru singulière. Mais, dès qu'un homme est en place , je ne veux me mêler de rien et je n'en parle point. CestM. le cardinal qui l'a mis à Constant! nople et qui le protège beaucoup.
Je vous prie de me mander l'état de la santé de M. de Bonneval et le lieu où il est. Je dois m'intéresser à tous les événements de sa vie, et je n'ai jamais eu à me reprocher de n'y avoir pas donné toute mon attention et ma sensibilité, que rien n'a pu déranger et que rien n'altérera. On est fort peu instruit ici des projets des Prussiens, et c'est une cliose singulière que le peu de choses qui transpirent de leur pays. Il a couru un bruit que le général Miftinich avait battu les Turcs ; mais, comme il ne se Confirme point, on doute de cette nouvelle, et on assure que les Russiens sont fort alarmés des mouvements de la Suède et que la terreur est répandue dans cet empire. Il y a quelque temps que la consternation paraissait à cette cour. Si les Suédois voulaient profiter de ce moment, je crois qu'ils seraient
était en octobre, et celle-ci, votre Maxen, est en novembre. » « J'ai cru, Monsieur, lui répondis-je avec plus d'humeur encore qu'il n'osait m'en montrer, qu'il valait mieux battre l'automne et même rhiver, qu être battu l'été. » Or, les Français l'avaient clé, cette loée-là, complètement à Minden, au mois d'août.
(Note de l'Auteur.)
en état de se venger de tout ce que cette puissaûcc leur a fait d'injustice. Voilà la guerre déclarée entre les Espagnols et les Anglais. Les ambassadeurs se sont retirés sans prendre congé ; ils sont rappelés réciproquement. C'est un commencement qui annonce des suites sérieuses, surtout si on conjecture juste, en supposant que les Hollandais se joindront us Anglais : un peu de temps éclaircira ce doute. Je suis fort étonnée que nous n'ayons eu encore aucune nouvelle qui nous ait appris la prise de Belgrade. Cela me fait craindre qu'il ne soit arrivé quelque chose de malheureux aux assiégeants. Après cela, il ne faut pas précipiter son jugement. Les Allemands arrêtent toutes les lettres, et ce n'est que très lard que Ton sait leurs désastres. On n'attendrait pas de même leurs succès. Je ne connais point de nation si orgueilleuse que celle-là. Je ne doute point, Monsieur, que vous n'ayez appris à M. de BonnevaHa situation présente de ma famille; ot que» M. ItM-ianu» de Biron qu'il a vu enfant, soit à présent Ïmh*' de la maison, ou du moins celui qui est desliiu'i* avoir nos titres, Tabbé ayant pris un état (iiii rrx«i»' du mariage. Il est cependant raîué, ot it* durln'iii» est venu de droit. Mais il Fa cédé au conito <lc Rin"'-'et je ne doute pas qu'il ne soit incessamment m:in''- Il vient de paraître à la tête du rcKimonl «lu n.'i ■' Compièj];ne, et on a été fort conlont dt» lui. J:im:ii'^""' régiment n'a été sur un si bon pied. Je crois «jH'' ■ famille aura lieu d'être contente de cet aîn»'. Jf'-'* souviens que M. dt» Honneval avait de l'aniiii!' l"''
lui et qu'il en avait bonne opinion. Le dernier de tous, que vous avez vu et que Ton appelle le marquis deGontaud, est à présent colonel d'un régiment qui porte le nom de Biron, et vient d'hériter de M. Durfïé qui lui a donné tout son bien. Ce n'est pas. un considérable; mais un cadet qui est pauvre a jours besoin de secours; et je dois y prendre plus d'intérêt à ce qu'il ait une fortune, qu'il a toujours partagé avec moi tout ce qu'il a eu. Je n'ai jamais abusé de son amitié : mais il est bien rare d'en rencontrer une aussi vive dans un jeune homme, quoique frère. Je suis très persuadée que M. de Bonneval ne sera pas fâché de savoir tous ces détails. Je lui connais l'âme sensible ; et le peu que f ai été à portée d'étudier son caractère, il m'a paru que les choses qui touchent le cœur, lui font impression. II a essuyé tout ce que l'ingratitude a d'horreur. Le prince Lichtenstein qui est ambassadeur ici a fait tout ce qu'il a pu, en arrivant ici, pour me voir; je n'ai jamais voulu aucun commerce avec 'ui. Il me semble que ce serait une chose indécente que le ministre d'un potentat qui nous a tant coûté, fût en aucune relation avec moi. II est venu dans ■^tte maison ; mais un jour qu'il me surprit chez ma ^^re, il ne sut jamais qui j'étais : et comme je ne ;3is presque point dans le monde et jamais dans les *^ux publics, il m'est bien aisé de me soustraire qui il me plaît. Je viens d'apprendre que les Anglais ^^ pris deux vaisseaux français , et qu'ils ont été ^ïidus à l'enchère. Il y a apparence que le roi trou-
donc réflexion à tout cela, mon clier maître^ ei^ ma seule ambition est votre conservation, vousseï pouvant me rendre heureuse. Je ne puis vous parti que de moi pour aujourd'hui» car je ne peus€^ vous , et tout le reste me devient insupportahteti vous embrasse de tout mon cœur et voudrais âÉ ter de la moitié de ma vie le bonheur de cette leti
Lu cùtntesm m Bonxpai^
ir des autres. Je vous assure que je serai toujours 5 occupée de vous donner des marques de mou me, de ma reconnaissance, et que je suis pour jours, monsieur, votre très humble et très obéiste servante,