‹ ŒuvresChapitre 17 sur 32 · BIRON-BONNEVAL · texte numérisé non relu

BIRON-BONNEVAL

LeitrêB ds l^Abbê^ depuis ù

Allez donc, monsieur, faire trembler Memptod pâlir le Sultan, et s'il se peut, ëteiidez vos conquél«* jusques aux saints lieux, auquel cas je vous di.*mau* un des nouveaux évêchés à la fondation deîH]urf* vous aurez travaillé ; car ou ne me croit pas W

tt) Je DP savais pas «î'nbord qui avait ^rit celi<* Ii*Ht* : fil Ueà^ qucr c'i'tail un mauvais praire encore; ne si\fnil-ç<? pas, dis*i**J«, r»** Macarlliy? Oh ! non ; ceiui-ci me paraissait jwmr on (*i«llettt W* iHre irpandw lians la bonne et grande sucipfu, QvianiJ f ni vu li *i|**' tiirp, je ne mo suis pttis étonné de la grâce que devait avmf nn"* lUi ri^gcnl. Od voit qu'il nelait alors qu'abbé, ei ifu'il îivqtl kwift*' plîïirc. On *^i'\ Mf'n aise iVy trouver le njiu de VolUirc , IhcO Î^* encore, el quelques autres connus, ainsi que des nouvelles de la ^ et des speclacles. Quand je vois qu'on aUcnd des réponses de VieM* pour une afTaire qui n'avance point, je crois être de ce temps-là.

(Noie de l'Auteur.)

)ropre pour les anciens. En cet on je me comprends noi-même. J'ai fait remettre à M. de Gontade la ettre, aussitôt que j'ai eu reçu celle que vous me faites l'honneur de m'écrire du premier du mois. Quoique je ne l'aie pas vu depuis, je ne laisserai pas de vous rendre compte de l'état où sont vos affaires. J'ai remis les mémoires concernant celle que vous savez, à la personne que je vous écrivis devoir informer du fait. Elle les ji trouvés raisonnables, et tout aurait été proposé au roi sans la tentative qui fut faite, j'oserai dire un peu trop brusquement, avant que je fusse encore de retour de Baden. Cette personne, dont vous concevez bien le crédit, a eu une affaire comme la vôtre et demande qu'on lui donne l'occasion d'en reparler au roi; et que cette occasion soit une lettre de M. le comte du Luc qui écrirait à M. de Torcy, en lui rendant compte de votre cour, suivant l'usage, quelque temps après son arrivée : qu'il a trouvé à Vienne M. le comte de Bouueval qui s'est conduit très sagement par rapport à ses discours touchant le roi, et qu'il n'est point comme la plupart des autres Français établis dans les pays étrangers, toujours emportés contre leur patrie. Il faudra encore que M. le comte du Luc dise la même chose dans une lettre qu'il écrira à M. le chancelier, et qu'il ajoute dans les deux lettres que, nonobstant votre attachement au service de lîmpereur, vous êtes digne que le roi vous accorde uû pardon en forme de tout ce qui s'est passé, d'autant plus que cette grâce ferait plaisir à M. le prince

158 OEUVRES DU PRINCE DE LlCXE.

Eûgèiiô. On promet, dès que ces lettres auront en état d'agir, de faire de son mieux : et cfUe] messe venant d'une personne fort sincèrt% inedai nne grande espérance, à moi qui n'en prends volontiers. Je ne crois pas certaineûïent, conMii les sentiments de M, le comte du Luc auUkriHitte les connais, que vous n'avez besoin d'aucun* int^^ cession auprès de lui, pour le faire écrire dao^te termes que je viens de marquer. M. le inaréctirf* Villeroî, dont vous savez les sentiments au sujet te votre affaire, me paraît bien intentionné pour?! faire obtenir votre grâce. Enfin, monsieur, comi que tout cela est en bon train, et que voî»

n'oublieront rien pour parvenir h un heureux iûi

Je suis ra\1 que M, Mandat ait réussi aupi^ vous : c'est déjà beaucoup, et c'est encore uni» reuK augure* Madame la princesse a envoya aw procuration à M, Dekker qui est à Vienne pour te affaires de M, le prince de Salm^ afin qu'il coosl^ un agent au conseil aulique* On lui a écrit qullpo*" vait s'adresser à vous, et je vous supplie de hli^^^ s'il a recours à vos bons offices. Complet aussi q« s'il convient que madame la princesse parle det^ au roi, elle le fera. J'ai eu l'honneur de voir niadâ# votre mère, à qui j*ai l^it entendre la situalioE J* votre affaire, afin qu'elle suspende toutes les ilénssf" ches, jusqu'à ce que nous ayions vu révénement to nôtres.

Le roi d'Espagne a écrit au t*oi, sou prand*i>èf*» une lettre qui lui fut rendue mardi, et qui Justiftf

MÉMOIRE SUR H. hE COMTE DE BONNEVAL. 159

pleinement M. le duc d'Orléans sur tout ce qui s'était passé en 1709. Flot et Renaud doivent être déjà en liberté, et le prince de Gellamare qui vient ici ambassadeur d'Espagne, verra son Altesse Royale. Elle doit écrire incessamment au roi et à la reine d'Espagne qui lui répondront. Sic cunctus pelagi cecklit fragor. La princesse des Ursins, sur qui retombe la fausseté de l'accusation, ne sait plus que devenir. Elle n'est pas trop bien à Rome, et l'on croit qu'elle se veut retirer à Utrecht, pour vivre en particulier dans un lieu où vous lui avez vu un envoyé. Cette femme devait servir d'exemple : elle le donne et le donnera peut-être encore plus marqué . Je vous supplie, monsieur, d'assurer le prince Eugène de mes respects, et du plaisir sensible que me fait l'honneur de son souvenir, et son estime que je regarde comme la plus précieuse acquisition que j'aie faite. Si le portrait de la Duclos ne vous fait rien, je ne sache plus qu'un expédient, c'est que M. le duc d'Aremberg vous envoie celui d'une belle et honnête dame qui lui a appris à faire sa cour aux femmes. Je suis votre, etc.

Dubois.

UËLV1IËS nu PKINCË ])Ë LIGNE.

A P«Hg, le mercTE^ll,2l oc1oil^^

Dans uû temps oii Ton est Tolontlers àla campagne, je me suis trouvé heureusement ii Paris, monsieur, pour recevoir la lettre que vous me faites Hiomie^ï de uVécrire de Petenvaradiii , le douzième du mois passé, laquelle n^arriva que hier. Dès le mois dernier, j eus rhoiiueur de vous écrire une assez longue lettre sous le couvert de M. Hoyendorff, qui aura aussi la bonté de vous faire tenir celle-ci» dans laquelle je vous mandais que votre présence est ahsolumeut nécessaire à Paris, pour faire entériner vos lettres de rémission qui sont scellées et dont vous devez avoir reçu la copie par M, Bentenridder. Ces lettres, de Texposé desquelles je me flatte que vous serez content, ne peuvent être enregistrées au parlement que vous ne soyiez ici présent vous-même, pour le demander et pour purger le décret, en vous

mettant prisonnier à la Conciergerie pour quelques heures : c'est une cérémonie dont la naissance et les dignités les plus distinguées n'exemptent personne. Si vous ne reveniez pas cet hiver, non seulement les lettres du roi ne vous rendraient pas capable d'hériter en France et ne lèveraient point votre proscription; mais, comme le temps que ces lettres vous prescrivent pour les faire enregistrer, serait écoulé, il faudrait l'hiver prochain obtenir des lettres de surannation, c'est-à-dire des lettres qui ordonnassent que les premières seraient enregistrées, nonobstant qu'elles fussent devenues caduques, parce que vous auriez laissé écouler le temps de vous en servir, sans en profiter. Madame votre mère vous écrit, • monsieur, sur ce qu'elle peut faire pour vous et sur les facilités qu'elle peut vous donner dans votre voyage. Je la verrai encore ce matin, afin de l'engager à faire tout ce qu'elle pourra pour vous le faciliter, quoiqu'elle y soit très portée par son inclination. Faites réflexion, monsieur, sur la nécessité de votre voyage pour vos intérêts, et sur ce que vous pourrez encore le faire aussi court que vous le jugerez à propos. Votre affaire peut être expédiée en quinze jours, dès que le parlement sera rentré, et il rentre à la Saint-Martin. Par ma dernière lettre, je vous faisais compliment sur votre blessure et sur l'honneur que votre conduite dans l'action de Peterwaradin vous a fait, et je les renouvelle aujourd'hui à l'occasion de la lettre que S. M. I. vous a écrite ; j'espère qu'elle sera suivie, sinon de

lit OEUVRES m PHINGE DE LIGNE.

quelque lettre de change, du moios iïuM bôime lettre patente.

Il y eut samedi quinze jours, c'était le 3 du i où nous sommes, que je parlai de voub aux Tuilerie k M, Fâbbé de Trianon qui était entre Tabbé i Brancas, frère du duc votre ami, et fabbé Ser Le lundi suivant, Tabba Servûeut étant c.M ' danseur de TOpéra qu*on nomme Marcel, avec m < deux pareils garnements, à dire les patenôtres &^h naires, il tomba en apoplexie et on le reporta cb lui, où il mourut quelques bewes après. Le lenâe main mardi, mourut l'abbé de Brancas d*unectjule du Pont-Royal dans la rivière, laquelle on croii volontaire avec apparence. J'espère que le premi^ accident n'arrivera point à Tabbë de Trianou, et je réponds qu'il ne tombera point dans le seeonl Après demain, au plus tard, je lui fais vos cômjiKments : il aura bien du plaisir h vous voir.

Je vous envoie, monsieur, une ictu-i? ilu ycùh Arouet et de l'abbé Courtin à M. le grand-prieur; fl est de retour de sa promenade, plus sage, à ce qu'il dit, et non pas à ce que je crois.

La comédie donne un bal comme TOpéra, et a commencé d'en donner dès Tannée dernière. Les Italiens continuent de réussir; ils ont pris le parti de faire des canevas de pièces par nos Français, el puis ils traitent les scènes à leur manière : cela plail plus que ce qu'ils ont apporté d'Italie. On va jouer un opéra qu'on appelle Hypewmestre^ dont les connaisseurs disent beaucoup de bien. Thevenars y

chante, et son voyage de Suède n'a fait qu'embellir et même fortifier sa voix. Adieu, monsieur, je finis ma lettre comme Ovide son épître de Médée à Jason NU mihi rescribas, attamen ipse veni. Je suis, monsieur» votre, etc.

Dubois.

A PiTii. le 18 a'ôelolifiî 17JS {11-

Je n'ai point rcf u de c^3inpliment, monstetir, siir la place que S, A. R- m'a accordée, qui m*ait fait plus de plaisir que le vôtre ; j'ai tort même, de mettre au nombre de^ compliments une marque de vûlr& amitié qui me doit être aussi chère par le caractèTe de sincérité qui l'accompagne, que par l'honneur qu elle m'a fait. Vous ne doutez peut-être pas que je vous dois en partie la grâce dont vous me félicitez, et que rien n'y a plus contribué que le succès de l'affaire dont j'avais été chargé, que nous vous devons en partie ; car M. Schaub m'a rendu un compte exact non seulement des vœux que vous

(1) On en voit une finie enfin, mais on voit que ce n'en est pasone de petit barreau, de petit dicastcre : c'est de la giande table du cabio^^ d'un grand homme qu'elle a été expédiée. Cette lettre est bien intéressante et prouve la considération, Thabileté et le crédit de Bonneval, et le génie du cardinal Dubois. Encore des lenteurs dans l'expédition (i«8 ordres pour la marche des troupes : c'est pour cela qu'il faut un grand prince et un héros à la tète du conseil de guerre pour faire tout aller.

(Note de l'Auteur.)

^Ti

vez faits, mais des bons offices que vous avez renus à nos bonnes intentions, et de tous les soins ue vous avez pris. Je vous remercie donc» mouleur, en premier lieu, d'avoir conclu la quadruple Uiance, et en second lieu, de m'avoir fait secrétaire rÉtat. Après de telles obligations, jugez si je ne n'estimerai pas heureux lorsque ma place me fouraira quelque occasion de vous marquer ma reconnaissance. Mais je ne dois pas manquer de vous faire souvenir que vous êtes obligé à soutenir votre ouvrage, et pour cet effet, à prévenir monseigneur le prince Eugène en ma faveur, à lui rendre compte des sentiments vifs que vous avez vus en moi pour les grandes choses que lui seul sait faire quand il •ui plaît, et à le supplier de donner son influence à ce qui est nécessaire pour l'exécution du traité; car s'il n'a pas la bonté de s'en mêler directement, je crains que tout ne languisse. Avec un peu plus de diligence de la part des troupes impériales, on aurait ^uvé Messine, et on aurait ôté aux Espagnols l'es- Pérance de se soutenir dans cette île, et en même temps de suivre le projet de former une ligue dans le Nord qui puisse faire échouer les mesures prises par le traité de Londres. Après la perte de Messine, il était au moins nécessaire de porter un corps de troupes impériales à Melazzo , pour avoir en Sicile ^n poste qui coupât la communication des places^ W les Espagnols occupent, et qui laissât une entrée' plus libre en Sicile, que ne sera Syracuse. Cependant, je crains que cette diligence capitale ne soit T. I. u.

OElîmES DU PRINCE DE LIGUE.

pas faîte, et que les Espagnols, qui, leleûdem3îfl(l« la capitulation de la citadelle de Messine, oîitfûifclié à Melazzo, ne remportent avant que les troupe impériales aient passé en Sicile, Cet éyéneasÉOt rendrait la conquête de la Sicile plus longue et plus difficile, et achèverait d* embarquer la ligye du Nori Un coup d'œil du héros de l'Europe, sur ce qu'il ï"' de plus pressant à faire, de prompts ordres de sa part remédieront k la lenteur qui pourrait ètfepî*' judiciable et dangereuse. Je vous supplie, moQSi®ffi de lui faire ces représentations, et de vouloir Ew* chercher le moyen de lui fiiire agréer les très kmbles respects que je lui dois, et d'être per^^uadé «jb* vous ne pouvez rien faire qui me touche dar^ tage, et qui mette plus solidement le comble mi obligations que je vous ai, et aux sentiments de reconnaissance et d*estime avec lesquels je sui^t monsieur, Votre très humble, etc, 1

Lettres du dm de Biron au comte de Bonnecal (1).

A Paris, le 8 avril 1718.

J'ai reçu, monsieur, en quatre jours de temps, )is lettres de vous : une du 19, une du 23 du mois ssé, par deux ordinaires, à un jour l'une de

i) Y a-t-il une plus forte preuve de la confiance et de Tamitié qu'on pouvait refuser à M. de Bonneval? L'auteur de ses pauvres mémoi- , celui de sa pitoyable critique, et celui de ses anecdotes ne se douant pas de tout cela ; mais leurs mauvais ouvrages leur auront plus iporté dé ducats que ces Mémoires-ci, qui m'ont coûté bien de la ne, ne. me rapporteront de quarts de florins. On est à présent roidi sur la célébrité en général; d'ailleurs, celle de cet homme extrainaire était encore fraîche dans ce temps-là, et les détails excitaient curiosité des contemporains. Mais, comme j'aime à servir les morts, isi que j'obseiTe souvent les vivants, je le suis dans sob incompatiité vis-à-vis d'une grande quantité de personnes : le voici en froid îc un ministre de Vienne; dans une lettre de sa femme, je l'ai vu mille avec un général commandant, M. de Merey : peut-être qu'il rait voulu avoir le commandement de cette armée en Sicile et qu'on t mieux fait de le lui donner. (Note de l'Auteur.)

OEUVRES DU PftîNCE DE LIGNE,

TauLre, et la troisième du 26, par le côurrief èl M. Dubourg; j'ai reçu son paquet par les mains d§ son altesse royale, et le paquet de M. fabbé Datai* est parti le lendemain par un courrier de PùloM Stairs, h qui j*ai rendu celle de M, de Saint' Saphorin. On était déjà informé ici des démafcl)» sourdes de l'agent du roi de Sicile. Vous ovez raison de me dire que le secret est fort nécessaire dam cette oceasion-ci ; vous croyez bien que je l'otea^ verai bien exactement. Vous me mander quAu déjà eu des conférences fort secrètes sur le mémoire de M, Scbaub, et que vous croyez quil y aun quelques diflicultés touchant la manière de dôui articles,

l'* Sur ce qui regarde le consentement de ïe^p^ au sujet de la Toscane, il me paraît que c'esl «w difficulté légère, et que vraiserablablemeul ^Elï)p^ reur fera consentir fempire; peut-être raêiiie# l'expédient que vous proposez pourra être bPl cependant vous savez mieux que moi qu'un trailéo^ peut guère être conclu que par des termes positif*- A l'égard de l'autre point, pour une aumisUe réf ï" proque des sujets de l'Espagne, d'Italie et de Flandre, il me paraît que les arrangements ne seront ^ bien difficiles là-dessus ; et on peut, comme vous le dites fort bien, dans cette occasion, adoucir 1^ termes de façon qu'ils ne pourront blesser personue. J'ai rendu compte à son altesse royale de tous 1^ mouvements que se donne M. de Saint-Saphorin/^ il sera fort aise de lui faire un honnête présent. J'ai

fort bien compris qui est le ministre qui a contredit le mémoire; je suis fâché de son froid pour vous, mais vos motifs sont si justes et si raisonnables, que je le crois trop galant homme pour vous en savoir ^Jansle fond mauvais gré, particulièrement depuis Qu'il aura appris qu'il y aura des choses qui pourront le regarder et lui faire plaisir. Rien n'est égal à tous vos soins et à tous vos mouvements ; je n'ai ^^n oublié de tout ce que je devais dire et faire ^à-dessus. Mais que pensez-vous donc de la guerre ^^ Hongrie? Je vois par toutes les nouvelles que ^^us allez entrer en campagne; cependant il me Paraît de grands mouvements pour la paix, et je ne aurais croire qu'elle ne soit même pas encore proclamée.

Madame votre femme est en bonne santé; je ne

Vous parle point de vos affaires, elle vous en rend

^mpte. Toute la famille vous fait cent mille amitiés;

pour moi, monsieur, soyez persuadé que dans toute

ina famille personne ne m'est plus cher que vous,

que je vous honore et que je vous aime de tout mon

cœur.

BlRON.

J'ai reçu presque en même temps, moiisiewt deus lettres de vous, Tune du 16 et l'autre du 23 de ce mois : ealle du 16, par la poste, et Tautre i>ar un courrier de M. le duc d'Aremberg. Je vous avou^ que je suis bien aise Cfue les affaires aillent aussi bien qu'elles vont; ce qui me touche davantage, c'est de voir que vous y avez beaucoup contribué par vos soins. Je vous dirai que je n'ai jamais cru quelWicle de la Toscane pût être un obstacle à notre traité. Vous pensez très juste sur la négociation de la cour de Turin, et, si le roi de Sicile peut céder la Sicile de bonne grâce, cette façon-là conviendra beaucoup mieux. Je trouve comme vous que l'intérêt de ce prince est de se rendre aux propositions qu'on lui fait. Vous avez pensé si juste sur tout ceci et vous rendez votre opinion si sensible, qu'on est obligé de convenir de toutes vos idées. A l'égard de ce q^^ regarde le roi de Sicile en particulier, vous devez présentement sur cet article avoir reçu des nou-

'S du roi d'Angleterre; c'est ce qui m'a été ^nné de vous mander. Je vois bien que vous imencerez la campagne, que vous allez aux ads desseins : vous supposez apparemment que Turcs ne seront pas rassemblés sitôt que vous, il me paraît que le corps du général Mercy, où J allez commander l'infanterie, sera fort séparé este de votre armée.

adame votre femme se porte assez bien, elle mence son lait demain; je lui ai dit que vous ez point pu lui écrire par le courrier. J'espère rant votre départ toutes les affaires seront heuîment terminées; je compte de vous écrire à lée, comme j'ai fait l'année passée, et que mes îs iront bien sûrement. J'ai vu par une lettre de ime votre femme que M. le prince Eugène me it l'honneur de se souvenir de moi. Je vous lie de lui bien faire des remercîments de ses es, et de l'assurer de mes très humbles respects, e la famille vous fait cent mille amitiés; et moi, sieur, je suis à vous sans réserve et du meilleur ion cœur.

BiRON.

letire» eu eomU de Bùnnmd h mmj^kf»

Û« ConstaalJnopleT c« âÊ s^plemliri^ 174i (^1

J'ai reçu, monsieur, la lettre que vous m'avez fà l*horiiieiir de m'écrire, avec les deux livtes eu manuserit que vous aviez chargé M, Couturier àt me faire rendre en main propre- Tous y avez joint

(I) Je ne crois pas qu'il y ait une leUre plus singulière au mondequc cclle-ci : il y en a de plus tendre pour un frère, mais pas plus sèche, certainement. On voit que ce frère était pour le moins un sot et an vilain égoïste et, dans le style de Bonneval, on aperçoit un homm* de cœur, d'esprit, plein de feu, et dans le fond bon diable, et toujours délicat sur l'honneur, dont la trop belle exagération l'a perdu dans ses trois patries : il lui a fait perdre seulement son crédit dans la dernière; mais il faut rendre justice à celle-ci; ce n'est qu'en Turquie qu'iU^'^ traité chrétiennement ; au moins il a pu y finir sa vie en repos. J'aiJ"® à lui voir rendre justice à nos troupes : quel bien il en dit avec tantde générosité ! Il est impossible de ne pas aimer Bonneval. Tant pis poo^ ceux qui ne savaient pas lui sauver les écarts auxquels il ne s'abandonnait pourtant que pour avoir trop raison, mais dont profilaient les méchants, les polirons et les gens médiocres, que M. de Bonneval, avec tant de sagacité, remarque dans une de ses lettres, faits pour avoir des grâces à la place des gens distingués. (Note de l'Auteur).

*^s articles au nombre de vingt-trois, sur lesquels ^^^s souhaitez que je m'étende, pour répondre à r^^x sots livres faits sur mon compte y sous le nom de Mémoires du comte de Bonneval , et le second sous ^^lui d'Anecdotes Vénitiennes et Turques, ou His- *o*Ve du comte de Bonneval y depuis son arrivée à ^^nise jusqu'à son exil dans Vile de Chio. En vérité, Monsieur, je ne m'estime pas assez moi-même pour ^^oire que le récit de mes aventures pût être de ^^elque instruction pour le public : sans quoi tout "Vi*e est mauvais; et je ne fois pas assez de cas de ^^ dernier pour me donner la peine de faire mon ijîstoire, aflij, de me justifier dans son esprit. Mais î^i remarqué dans le quatrième article, que je ne ^ous passerai pardieu pas , un reste de votre ancienne injustice et de votre rigueur contre moi, <liii me ferait plus de peine, si je n'étais depuis longtemps fait à vos calomnies qui ne m'embarrassent pas plus que les contes de Peau-d'Ane.

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