GUTTEMBERG
Guttemberg ! Guttemberg! C'est mon nom qu'on proclame! Oh ! combien ces lauriers, cette gloire et ces fleurs M'ont coûté de travail, de veilles et de pleurs ! Mais quelle immense joie inonde enfin mon âme Et combien mon triomphe efface de douleurs,
A l'Olympe, qu'un vautour venge Prométhée a ravi le feu ; Jacob a lutté contre l'ange, L'invincible envoyé de Dieu.
Comme eux, je cherchais un problème Qui brûlait mon front et mon cœur, Et, comme eux, du combat suprême Je me suis relevé vainqueur.
La nuit régnait sur le monde, Quand mon œuvre y resplendit .
Je chassai la nuit profonde, Et la lumière se fil !
Oui, je sentais que mon génie
Enfantait un soleil nouveau.
La faim, la fièvre et l'insomnie Embrasaient en vain mon cerveau.
Sachant bien qu'un jour le Dieu juste Viendrait féconder mes sueurs; Je poursuivais le but auguste Dont j'entrevoyais les lueurs.
Et maintenant on me couronne Comme un héros, comme un martyr.
Maintenant la gloire environne Mon nom qu'elle fait retentir.
Par moi l'intelligence humaine Sort enfin de l'obscurité Et je lui lègue pour domaine La science et la vérité.
J'ai donc ravi ma part de la céleste flamme,
Pour rendre les humains plus heureux et meilleurs.
Je n'ai donc pas perdu mes veilles et mes pleurs.
«. Guttemberg ! Guttemberg ! » C'est bien moi qu'on proclame.
U combien ce triomphe efface de douleurs!