‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 30 sur 62 · A S. C, A CANNES · texte numérisé non relu

A S. C, A CANNES

Canne est une oasis charmante Où la blonde anglaise, l'hiver, Quittant sa fourrure et sa mante Se promène en taille en plein air.

Canne est un Eden jusqu'à l'heure Où le vent souffle en furieux Et «le la mer, qui hurle et pleure, Vous lance l'âpre écume aux yeux.

Mais le vent d'orage est bien rare.

Chère frileuse, et la beauté, Aussi blanche que le Carrare, Ne sait rien de sa cruauté.

A peine la brise marine,

Près des écueils où tu t'assieds,

Soulève la forte poitrine

De la mer qui chante à tes pieds.

Les fleurs couvrent partout la terre, Et, sur les sables rayonnants, Le soleil sème une poussière De saphirs et de diamants.

Savoure, sur la verte rive Où le caprice le conduit, Les parfums de la mer lascive Dont la chanson l'endort la nuit.

Aime ses flots dorés par l'aube Et qui, de ta grâce amoureux, S'élancent pour baiser ta robe Lorsque lu passes trop près d'eux.

Souviens-toi que le froid décembre Armé de neige et de frimas, Condamne à l'exil de la chambre Les hôtes des autres climats,

Tandis que sur ce beau rivage

Le soleil l'appelle au deiior- Et qu'il répand sur Ion passage Ses chauds el lumineux trésors.

Regarde : que de fleurs éeloses !

Les orangers et 1rs jasmins, La cassie ardente et les roses Inondent pour toi les chemins.

En tel nombre elles sont venues Pour te sourire el te charmer, Qu'il t'en est même d'inconnue-, Toi qui peux toutes les nommer.

Le soir, quand le golfe est sans rides Et que tu daignes l'admirer, Des arbres de ces Hespérides Tu vois les fruits d'or s'y mirer.

Jouis donc du soleil d'automne Qui, pour toi, prolonge l'été.

Qu'il te rende heureuse et te dorme Le premier des biens, la santé.

Ailleurs, il vient lard et fuit \ile.

Mais ici, toujours tiède et doux.

11 fêle, en janvier, ta visite Et passe l'hiver parmi nous.

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