GIROFLÉE
Où va l'imperceptible graine Qu'en un flot de poussière entraîne L'âpre souffle du vent du nor.l !
Elle s'arrête au cimetière Dans un joint de l'étroite pierrr Où ma pauvre martyre dort.
Par les pleurs de la nuit gonflée.
De sa prison la graine sort Et s'épanouit giroflée,
Giroflée aux fleurs d'or.
Tu prends gîte et vis où tu tombes.
La solitude ni les tombes
Ne t'inspirent aucun effroi.
Tu souris aux. ruines sombres.
Les noirs cyprès, les blancs décombres
Xe sont égayés que par toi.
Sur la pierre où la destinée A rivé ton obscur essor, Fleuris, gentille graminée, Giroflée aux fleurs d'or.
Dans le dur ciment qui la scelle, Où ta racine puise-t-elle Ton parfum, tes vives couleurs ?
Il semble, fleurette embaumée, Que de ma morte bien-aimée Je respire l'âme en tes fleurs.
Mais l'été dévorant commence.
A ton tour tu subis la mort.
Laisse à sa tombe ta semence, Giroflée aux fleurs d'or î