L'ENTERREMENT
Sur l'église ma soleil d'été resplendissait ! Tandis qu'un jeune couple à l'autel s'unissait, Couple heureux, que l'amour éblouit et transporte. Les prêtres récitaient l'absoute sur le seuil, Et le brancard funèbre emportait le cerceuil De ma pauvre compagne morte.
0 mystère effrayant ! naguère, à cet autel, Un destin si brillant qu'il semblait immortel, S'ouvrait aussi pour toi, ma blanche fiancée. A peine quelques jours sur ce rêve si beau Ont lui, que le trépas, invisible bourreau, Entre mes bras l'a terrassée.
Un cour» bonheur, un deuil sans fin ! C'est noir.' sort. L'un entre dans la vie alors que l'autre en sort, Et par la même porte et juste à la même heure ! Dans l'ivresse du ciel l'un se trouve plongé Quand de l'autre, à côté, la mort a ravagé Le cœur, la vie et la demeure.
Et devant cette joie et ces déchirements. Devant ce froid cadavre et ces deux beaux amant-. Devant nos jours tissés de contrastes féroces, Je me disais : « Qui sait, ô Dieu dont j'ai douté. Si la mort, cet hymen avec l'éternité ,
N'est pas la plus belle des noce-