LES LUCIOLES
Du creux des nids sortent mille voix fraîches ; Les boutons d'or envahissent les prés, Les trèfles verts fleurissent pour les crèches : Mai peuple Pair d'insectes diaprés.
Vers ses glaciers aux cimes éternelles L*hiver s'enfuit de frimats escorté.
Allumez-vous, ô pâles étincelles Des nuits d'été î
A mon enfance, éprise de merveilles.
Les laboureurs ont raconté que Dieu,
Pour éclairer leurs solitaires veilles.
Vous transformait d'astres en fleurs <lo feu.
De mes beaux jours partis à grand bruit d'ailes,
Par vous au cœur le parfum m'est resté. Allumez-vous, ô pâles étincelles Des nuits d'été !
Lorsqu'à vingt ans, de mes désirs timides L'amour eut fait d'ardents tressaillements. J'allais le soir, dans les herbes humides. Pour l'ange aimé cueillir vos diamants.
Dans ses cheveux, noirs comme ses prunelles. J'ai vu briller votre blanche clarté.
Allumez-vous, ô pâles étincelles Des nuits d'élé !
Allumez-vous, lumineux diadème, Au front des nuits sereines comme Dieu ; Vos blonds reflets redorent le poème Dos bonheurs purs qui nous ont dit adieu. Mon cœur est plein de souvenirs fidèles : A vos rayons leur couvée a chanté.
Allumez-vous, ô pâles étincelles Des nuits d'élé.