LES ÉTOILES
Chaque nuit comme un diadème, Comme un bouquet de fleurs de feu, Xous brillons d'un éclat suprême Au front du ciel, au front de Dieu î Dès que, sous les ombres moroses.
Les paupières du jour sont closes.
Nous enveloppons toutes choses De Téclat pur de nos rayons.
Beaux insectes, frais papillons Assoupis dans le cœur des roses.
Dormez, nous veillons !
C'est nous qui servons de boussole
Au vaisseau sur les mers errant ; Noire lueur guide et console Le piéton que la nuit surprend.
Du haut des plages éternelles.
Sur les passions criminelles^ Incorruptibles sentinelles.
Comme des glaives nous brillons !
Noirs bandits que nous effrayons, Du feu vengeur de nos prunelles, Tremblez : nous veillons î
Nos phalanges étincelantes Comme un fleuve de diamants, Sont les célestes confidentes Des poètes et des amants.
Toujours notre clarté sereine Verse une langueur souveraine Dans les cœurs que l'amour entraîne, Comme les flots les alcyons.
Couples perdus dans les vallons, Ne craignez pas qu'on vous surprenne ; Aimez ; nous veillons î