‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 30 sur 77 · MARGUERITE DES PRÉS · texte numérisé non relu

MARGUERITE DES PRÉS

Fleur (les prés verts, l)ijou d*alb:\lre et d'or, Que, sous les pas des fils de la Bohême, A pleines mains le frileux avril sème, Dieu soit loué : tu nous reviens encor î Quel sylphe aimf^, ma bloa Je pâquerette ,. Plisse si Lien ta fraîche collerette ?

Pour former ton ca^ur d'or bruni.

Pour broder les étoiles blanches.

Humble fleur î Thiver a fourni La neige de ses avalanches El Tclé son soleil béni.

Si je pouvais redevenir enfant, Comme j'irais, dans l'herbe printanière, Fêter cncor l'école buissonnière Et folâtrer, pareil au jeune faon !

Pour t*y cueillir, ma blonde pâquerette, Comme j'irais aux champs que je regrette î

Pour former ton cœur d'or bruni, Pour broder tes étoiles blanches.

Humble fleur ! l'hiver a fourni La neige de ses avalanches Et l'été son soleil béni.

J'aime ton nom. ton nom mélodieux Qui fut celui des reines les plus belles. Et qu'une enfant, plus belle encore qu'elles, A dans mon sein écrit avec ses yeux.

Quand je l'entends, ma blonde pâquerette. Mon cœur tressaille et mon âme est en fcte î

Pour former ton cœur d'or bruni, Pour broder tes étoiles blanches Humble fleur ! l'hiver a fourni La neige de ses avalanches Et l'été son soleil béni !

Combien de fois, ô sibylle des prés,

Lursqu'en nos seins l'amour chante et rayonne, Nos doigts cruels effeuillent ta couronne Pour t'arracher des secrets adorés ?

Ah! que toujours, ma blonde pâquerette, Au mot ; « beaucoup î » ton oracle s'arrête !

Pour former ton cœur d'or bruni.

Pour broder tes étoiles blanches.

Humble tleur ! l'hiver a fourni La neige de ses avalanches Et l'été son soleil béni !

La ville en vain me retient loin des champs. L'âge à mes pieds en vain coupe les ailes * Mes souvenirs te sont restés fidèles Et l'ont voué leurs amours et leurs chants. A toi toujours, ma blonde pâquerette, A toi les vœux et le cœur du poète !

Pour former ton cœur d'or bruni. Pour broder tes étoiles blanches.

Humble fleur ! l'hiver a fourni La neige de ses avalanches Et Tété son soleil béni !

BAISEPS

Oli ! quelle joie, enfant, de te chanter mes lieds, Lorsque, à table, lu prends pour tabouret mes pieds. Quand le fruit que tu mords tente ma lèvre avide. Quand tu tends à ma soif ta coupe à moitié vide. Et que, dans un baiser adroitement volé. Je découvre ton sein, d'habitude voilé î

Dans quels transports sans fin alors Tamour nous plonge! Bien des fois tu me dis que tu nous vois en songe A genoux, à l'autel, par un suprême vœu. Consacrer les amours que nous tenons de Dieu î Mais ce nouveau lien nous est-il nécessaire? iS*est-cc donc pas assez de celui qui nous serre ?

Igiiores-lu combien devient lourde à porter Une chaîne qivon sait ne pouvoir plus quitter? Et puis, il faut avoir foi dans l'être qu'on aime î Que de jeunes époux, parmi les heureux même, Veufs par l'àme déjà, renîraient leurs serments S'ils pouvaient, comme nous, redevenir amant>î

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