‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 57 sur 77 · AU CHRIST · texte numérisé non relu

AU CHRIST

0 Christ, qui seul connais ma détresse profonde, Accorde-moi Toubli, ce suprême bienfait.

0 Christ, divin martyr ! pour Toublier, j'ai fait Tout ce qu'on peut tenter de possible en ce monde.

Tai fui la poésie el l'austère amitié; J'ai fui tous les plaisirs, j'ai fui toutes les fêtes, J*ai cherché le désert où pleurent les poètes. . . Et pourtant de mes maux tu n'as pas eu pitié !

J'en atteste ton corps lacéré par les verges. Et ton auguste mère embrassant tes genoux. Et ton sang répandu pour le salut de tous, El les pieJs arrosés i)ar les larmes des vierges !

J'en altestc le ciel et ton père : celui Que l'univers entier a proclamé son maître ; Celui de qui chacun reçoit la vie et l'être, Par qui toute lumière et toute joie ont lui !

J'ai, pour tuer le mal qui m'obsède et me brise, Fait tout ce qu'on peut faire, ô Christ, tu le sais bien. Et cependant mon cœur saigne toujours, et rien. Pas même ton amour, rien ne le cicatrise.

Il suffit d'un rayon, d'un chant ou d'une fleur Pour que, des souvenirs qui me dévorent l'àme. Je sente tout-a-coup se rallumer la flamme, Pour réveiller en moi cette immense douleur !

0 Christ, qui seul connais ma détresse profonde. Divin crucifié que j'invoque en pleurant. Arrache-moi du sein cet amour déchirant Et qu'à mon désespoir enfin la paix réponde!

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