SCÈNE V
MARGUERITE, entrant avec un enfant qu'elle tient
jmr la main; GUILLAUME, FABRICE,
puis UIN COMMIS.
GUILLAUME, Contrarié^ à Marguerite.
. . .Tu ne l'as pas encore reconduit?
MARGUERITE
Il veut vous souhaiter, avant, la bonne nuit. Voyons, n'allez donc pas l'intimider, mon frère. Vous me dites toujours : « Je voudrais être père, « Avoir beaucoup d'enfants, me mêler à leurs jeux, « Tout comme quand j'étais jeune et gentil comme eux . » Mais on ne peut toujours à son gré les conduire Ni les faire crier que lorsqu'on le d('îsire.
J'aime aussi les enfants ; mais je n'en connais pas Qui viennent, pour crier^ consulter leurs papas î
GUILLAUME
Oh î si c'était les miens, je prendrais patience.
MARGUERITE
Cela peut, j'en conviens, faire une différence.
FABRICE
Croyez-vous ?.. »
MARGUERITE
Oui, cela doit rendre trop content.
(^Elle se baisse vers Venfant et Vemhrasse.J
Oh î s'il était à moi ! je l'aime déjà tant ! Il épèle déjà fort bien. . . il est si sage !
Et tu crois que le tien saurait lire a cet âge?
MARGUERITE
Sans doute. Tout le jour je voudrais babiller Avec lui, rhabiller et le déshabiller, Lui donner des leçons, arranger sa toilette. L'embrasser, l'endormir. . . Oh ! j'en perdrais la tête î
fElle embrasse encore V enfant. J
Mais à sa mère il faut ramener celui-ci.
(^le conduisant à Guillaume. J
Un baiser à Monsieur.
{'Le conduisant à FabriceJ
A ce Monsieur, aussi.
FABRICE, à part.
Elle sera ma femme : à tanl d'attraits je cède !
GUILLAUME, à part.
Elle est trop belle ! il faut que mon cœur la possède !
(Entre un commis.)
GUILLAUME
Ou'est-ce ?