‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 15 sur 17 · SOUVENIRS D'ALGER · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'ALGER

Après quatre jours de navigation heureuse à bord du Météore, nous entrâmes, à onze heures du soir, par un calme magnifique, dans la baie d'Alger, ce péristyle de l'Afrique française, formé à l'orient par les falaises du cap Matifou et à l'ouest par les courbures gracieuses du cap Caxine. J'éprouvai un grand sentiment d'admiration pour le spectacle vers lequel le navire nous emportait rapidement, comme s'il eût compris mon impatience. Alger, éclairé depuis le port jusqu'à la Kasbah, ressemblait à un if immense planté sur le sable de la mer pour la

fêter. La population causait sur les terrasses blanches, buvait des glaces sous les arcades de la Régence, se promenait sous les orangers de la place du Gouvernement, en face de la Méditerranée, en face de la France !

Le lendemain matin, je débarquai de bonne heure à la Marine. Je traversai la belle rue de ce nom aboutissant à la Jénina, noire des flammes qui venaient de consumer ses entrailles, et je me trouvai, sans transition, au milieu des Juifs, des Maures et des Bédouins, des Espagnols, des Italiens et des Maltais, des Français, des Allemands, des Turcs, des Grecs et des Arméniens, croisant leurs pas, leurs cris et leurs costumes. Je n'avais jamais rien vu ni soupçonné de pareil. Je fus ébloui, comme par une irradiation subite du soleil. Tout ce mouvement, tout ce bariolage d'idiomes et de vêtements sortis des bazars de l'Europe et de l'Afrique, tous ces êtres pressés de s'entendre, de marcher et de vivre, passaient devant moi comme un torrent qui m'emportait émerveillé.

Mais je remarquai bientôt qu'il n'y avait au fond aucune fusion réelle entre tous ces hommes. Je m'en suis convaincu plus tard par une

observation plus attentive. Leur frottement continuel n'a pas détruit les aspérités de leurs caractères respectifs. Chaque nationalité est restée intacte au milieu des relations qui les rapprochent les unes des autres à chaque heure du jour.

A cette époque, il n'y avait encore de réellement français à Alger que les rues Bab-el- Oued, Bab-Azoun, de Chartres et de Mahon, la place du Gouvernement, celle de Mahon et celle du Marché, la plus gracieuse sinon la plus belle des trois. Dans les rues supérieures, c'était encore un mélange bizarre et laid de maisons arabes et de constructions françaises inachevées. Il existait alors à Alger une rage inouie de destruction. Les maçons français et les manœuvres bédouins émoussaient leurs marteaux et fatiguaient leurs bras à démolir, mutiler ou transformer la vieille ville et les mosquées. Si Londres se plaint de son atmosphère de charbon, Alger n'avait pas à se glorifier de son atmosphère de décombres. Un de mes amis, homme de paradoxe, il est vrai, me disait que l'on ne pouvait se promener une semaine dans Alger sans avaler au moins une maison en dé-

tail. La difficulté de la digérer me mit en garde contre cette exagération, mais je ne pus m'empêcher de reconnaître qu'il était impossible d'échapper à ce repas réduit à des proportions plus humaines.

Il faut être juste pourtant, si on démolissait de tous cotés, on construisait partout, et la ville française sortait des cendres de la ville africaine.

La nouvelle ligne de remparts que l'on a édifiée et dont les fondations étaient déjà creusées en 1844, a fait d'Alger la capitale incontestée de la colonie. L'Alger arabe a subi le sort de ces villes dont l'Evangile a dit qu'il ne doit pas rester pierre sur pierre. Elle a perdu avec le temps l'aspect exclusivement militaire qu'elle étalait dans la première période de l'occupation. On y rencontre moins de soldats, presque plus de miliciens, et les places publiques, jadis plantées de guérites exclusivement, sont aujourd'hui plantées de magnifiques orangers.

Une autre particularité digne de remarque à Alger, c'est la profusion des omnibus. Sur ce chapitre, la civilisation a dépassé toute mesure. Il n'y a pas assez de place pour eux : c'est-à-

dire qu'il ne reste pas un pouce du pavé pour les humbles piétons qui n'osent s'aventurer sous les arcades au milieu des toilettes et des uniformes. Les omnibus et les caravanes de petits ânes appelés bourricots, affectés au transport des matériaux, à l'enlèvement des décombres, rendent les rues tout-à-fait impraticables. Ce déluge d'omnibus est un calcul habile des entrepreneurs de voitures. En s'emparant en plein de la circulation, ils ont contraint les gens qui tiennent à n'être pas écrasés, — naturellement le nombre en est grand, — à ne plus hasarder un pas en dehors des omnibus, lesquels sont ainsi toujours chargés à fond. Qui' dirait pourtant qu'on arrive aujourd'hui à la fortune en menaçant de fractures ou en frappant de paralysie les jambes du public?

Les choses en sont arrivées à ce point que les Mauresques même, jugeant toute protestation inutile, ne sortent plus à pied et se résignent à se promener en omnibus à la barbe du Koran, absolument comme des Parisiennes.

J'en ai même vu qui ne descendaient de voiture qu'en déployant sur leurs visages voilés l'om-

brelle de nos élégantes. Le soleil d'Afrique en était cramoisi d'indignation.

Ces omnibus vous transportent où l'on veut, dans un rayon de douze lieues autour d'Alger. Ils vont constamment au galop. Ils me conduisirent ainsi d'Alger à Blidah. Comme nous faisions halte à chaque village, je visitai sur la route Delly-Ibrahim, Douérah , BoufFarik et Béni-Méred. Qui voit un de ces villages les voit tous. Tous ont la même physionomie militaire. Ce sont des camps. En France, nos villages n'ont d'autres murailles que les clôtures des cimetières. En Afrique, c'est tout le contraire. Les vivants ont dit : ce Les morts n'ont pas besoin de protection. Les murailles, superflues autour des nécropoles, seront beaucoup plus utiles autour des habitations. » Cela peut être vrai au point de vue stratégique. Au point de vue du respect que de tout temps l'humanité a voué à ceux qui ne sont plus, c'est différent. Je ne saurais exprimer la tristesse qui me serra le cœur en découvrant, sur un mamelon éloigné d'une demi - lieue de Delly- Ibrahim, le cimetière de ce village. Il n'était abrité que par la croix, au milieu de popula-

tions qui abhorrent ce signe. Les cadavres de nos colons et de nos soldats, dont les sueurs et le sang ont fécondé ce sol, restaient ainsi exposés aux profanations des Bédouins, à la faim immonde des hyènes et des chacals. L'oubli et l'impudeur ont été poussés si loin par nous à l'endroit des sépultures, que, dans les faubourgs d'Alger même, les colons faisaient enlever les pierres des tombes musulmanes pour en construire des maisons. Quelle opinion les Arabes, témoins de ces sacrilèges, ont-ils dû avoir de nous ?

D'Alger à Douérah, la route court sur les épaulements de la chaîne du Sahel, contre laquelle Alger est adossé. Les croupes et les cimes du Sahel seraient très fertiles, à ce qu'on assure, mais la culture en est extrêmement pénible. Le Sahel est hérissé de palmiers-nains dont les racines plongent profondément dans la terre et dont l'extraction coûte de longs et ruineux efforts. Aussi de rares tentatives de culture y étaient-elles faites et les familles alsaciennes qui avaient entrepris ces rudes travaux, désespérant bientôt du succès, étaient descendues dans la Mitidjah dont les fièvres souvent

mortelles font chèrement payer l'étonnante fécondité.

Quand nous entrâmes dans cette plaine immense où tant de braves soldats ont succombé sous les fatigues de la guerre, sous les ardeurs dévorantes du soleil et de la soif, sous les funestes exhalaisons du sol et sous les balles des Arabes , l'aube se levait derrière les crêtes bleues du petit Atlas. Les hautes herbes, aux cimes desquelles l'araignée de la plaine avait tendu ses larges cocardes de toile, ruisselantes des perles de la rosée, ressemblaient à des tournesols d'argent. Des vols de perdrix rouges rasaient les broussailles ; les poules de Carthage décrivaient de longues courbes vers Sidi-Ferruch ; les peupliers de Bouflfarik verdoyaient dans la brume blanche et la fumée des coups de fusil tirés de distance en distance par les chasseurs, jalonnait de spirales bleues Fatmosphère limpide et tiède. Toute cette nature magnifique avait un air de fête qui épanouissait le cœur. Je n'ai rien vu de plus beau. Quatre-vingts lieues carrées de plaine cultivée! D'un côté la mer et le rivage où les Français

débarquèrent en 1830, de l'autre, F Atlas et Blidah, avec ses 20,000 orangers centenaires en pleine terre !

Bouffarik est bien l'oasis de la plaine. On y trouve une eau abondante et saine et les seuls arbres qui rompent la monotone uniformité de la Mitidjah. Les constructions y avaient même un aspect un peu moins caserne que celles des villes voisines. A Béni-Méred, on nous montra, au milieu des lauriers-roses et des lentisques, la place où le sergent Blandan, avec 22 hommes, soutint une lutte aussi glorieuse que désespérée contre 300 cavaliers arab3s.

Partout du sang, partout des tombes ; mais aussi partout la gloire, partout le triomphe !...

Blidah n'est plus arabe, mais elle n'est pas encore française. La plus belle de ses rues, la rue d'Alger, n'était alors qu'un chemin poudreux, sans pavés, sans arbres et sans arcades. Cette ville était, avant la conquête, le rendezvous des riches musulmans qui venaient s'y livrer aux voluptés effrénées de la chair. C'était la Gomorrhe de la Régence. Les Arabes l'appelaient la prostituée. Elle est admirablement située au pied des montagnes qui descen-

dent vers la Méditerranée et qui offrent, en cet endroit, la plus haute altitude de la chaîne. Les glacières d'Alger sont établies sur ces cimes. L'Oued-Kebir, ou grand ruisseau, coule dans le lit d'un torrent asséché. Il alimente la ville et la ceint d'une guirlande de verdure et de fraîcheur. En quittant Blidah, on s'enfonce dans les gorges sauvages d'où pleuvent les cascatelles de la Chiffa, et les villages français qu'on rencontre jusqu'à Médéah ne sont plus que des postes militaires alignés avec une symétrie qui fatigue et désenchante.

Certes, l'Algérie est à jamais française. Je n'ose émettre aucun doute à ce sujet. Toutes ces localités sont donc destinées à un avenir dont on ne peut prévoir la limite. Mais la France a encore beaucoup à faire pour s'acquitter dignement de la mission que Dieu lui confie et qu'elle a acceptée. Il faut avouer, quoi qu'il en coûte à notre patriotisme, que, jusqu'à présent, ses efforts n'ont pas été très heureux.

Une autre excursion que je me rappelle avec plaisir est celle que je fis au sommet de la Boudjaréah. A deux lieues d'Alger, j'ai vu la

tribu arabe dans toute sa simplicité biblique. J'ai vu le Bédouin dans son misérable gourbi de chaume clôturé par des figuiers de Barbarie et par des aloès dont les tiges, pareilles à de grands candélabres, s'élèvent à des hauteurs prodigieuses. Je ne puis me défendre d'un souvenir d'admiration pour le panorama sublime qui se déroule aux yeux du haut de la Boudjaréah. Au nord et à l'ouest, la Méditerranée d'azur; à l'est, le Sahel, étoile de villas blanches comme des avalanches sculptées ; au fond, l'Atlas, grand rideau tiré sur les mystérieuses profondeurs du Sahara ; puis la plaine, puis le plateau, puis enfin Alger, comme une couronne de neige au front de cette féerie orientale.

En descendant de la Boudjaréah, je remarquai des ruines fraîches cachées dans un bois de cactus. J'interrogeai un pâtre arabe qui regardait mélancoliquement son maigre troupeau brouter le gazon brûlé. Je lui demandai quel édifice avait été renversé là. « C'est une mosquée , me dit-il. Tes frères y furent battus par les Croyants et, pour effacer leur honte, ils en ont effacé le glorieux témoin. On chante dans ma tribu cette défaite des Roumi. »

— Chante-nous cette défaite, lui dis-je.

Il entonna d'une voix gutturale , sur un rythme guerrier, une sorte de ballade que j'ai essayé de traduire ainsi :

A l'heure où sur l'Atlas bondissent les gazelles, Cette mosquée avait réuni les fidèles,

Quand, debout sur son blanc sommet,

Le fervent marabout Achmet Vit venir de bien loin, sur leurs coursiers rebelles,

Les ennemis de Mahomet.

C'est la France Qui s'avance Contre nous.

Pas de larmes, Mais des armes Et des coups !

Alors, comme un troupeau que le danger rassemble, Les guerriers musulmans s'étreignirent ensemble Et s'écrièrent à genoux :

— Mahomet, combats avec nous!

Puis, comme on voit l'éclair jaillir d'un ciel qui4tremble, Le glaive sortit des burnous.

La mosquée Attaquée Se défend , Et son glaive Se relève Triomphant !

Et son visage exprima toute la violence, toute la férocité des passions africaines. Ah! si ces passions n'étaient jamais surexcitées contre nous par nos exactions et nos maladresses ; si la France savait utiliser cette énergie et diriger cette force ! quel magnifique parti elle en pourrait tirer ! Quels trésors de courage et de dévoûment elle mettrait ainsi au service de la civilisation et de l'humanité !

Sur la route de la Boudjaréah, on remarque les traces d'une touchante coutume arabe, qui tend à disparaître. Sous la domination turque, à chaque portail de villa, un auvent en tige d'aloès jetait sur le sol un carré d'ombre destiné au repos du pèlerin fatigué. Une coupe en bois suspendue au tronc d'un palmier, et un puits voisin toujours ouvert, offraient l'eau fraîche à la lèvre qu'embrasait la soif. On re-

trouve encore cette coutume patriarchale dans les tribus éloignées dont notre contact n'a pas tout-à-fait abâtardi les mœurs. Quelle admirable prévoyance, pourtant, animait les riches pour les pauvres, dans cette Afrique sur laquelle nous avons jeté superbement, comme un stigmate, le nom de Barbarie! Où sont, sur nos grandes routes, les portails de château où le piéton trouve une oasis d'ombre pour secouer les fatigues de l'étape, la coupe et le puits pour se désaltérer? Et pourtant, ni les arbres qui versent la fraîcheur ni les sources abondantes ne manquent à la France, tandis qu'en Afrique le sol, les plantes, les animaux et les hommes, les hommes surtout, souffrent de la soif. Alger même est une ville éternellement altérée. Heureux ceux qui ont un puits dans leur maison ! Sinon, ils sont exposés, comme la classe indigente, à boire des sangsues. A l'inverse des régions polaires où le froid paralyse la vie, l'Afrique surabonde de chaleur et de puissance, et l'exubérance de sève qui jaillit de ses pores peuple jusqu'à la goutte d'eau qui tombe du ciel. Des sangsues imperceptibles s'attachent à la gorge des chevaux et la dessè-

client, comme ferait un tison ardent. Ces douleurs d'entrailles , sœurs du choléra, qui tordent les colons et qu'on attribue aux miasmes fiévreux de l'air, sont souvent causées par ces aiguilles vivantes qui se glissent dans le gosier avec l'eau qui les nourrit. Aujourd'hui, dans les villes et dans les camps, pour éviter ces accidents , il est rare qu'on boive l'eau sans qu'elle ait été tamisée.

Les Français, comme tous les peuples conquérants , prennent les vices des peuples qu'ils subjuguent plutôt que leurs vertus. Ils se sont cependant assimilés ici cet esprit d'hospitalité qui est une religion dans les tribus. J'aurais long à en dire si je voulais remercier tous ceux de nos compatriotes qui professent généreusement ce culte. Mais je me suis engagé à ne citer aucun nom et je me borne à constater avec orgueil ce fait qui honore la France algérienne.

J'ai, comme tous ceux qui ont vu Alger, assisté aux sacrifices offerts par les négresses et les mauresques à des génies qu'elles veulent apaiser ou se rendre propices. Ce sont d'ordinaire les femmes souffrantes, celles surtout at-

teintes de maladies incurables, qui viennent sur le sable de la mer répandre le sang des victimes. Les femmes du peuple sont partout les gardiennes fidèles des superstitions du passé. Ici, elles croient que des djhins, habitant les grottes souterraines des rivages, président aux destinées humaines. Les sacrifices qu'elles leur offrent consistent en volailles, en agneaux, en chèvres, selon le degré de leur fortune, l'intensité de leurs souffrances ou de leur foi. Un grand-prêtre, originaire, dit-on, de Tombouctou, prend les victimes, les lave dans la mer, les purifie avec l'encens brûlé dans une cassolette. Pendant ce temps, la grande-prêtresse allume des cierges autour de la grotte sacrée dont les eaux ont la réputation, sinon la vertu, de guérir les douleurs contre lesquelles la science des hommes a échoué. Puis le sacrificateur tourne le couteau sacré vers l'Orient, en touche trois fois les malades, saisit la victime, l'égorgé et arrose de sang le front ou les parties endolories du corps de ses ouailles. Elles supportent cette farce horrible avec une gravité et un recueillement profonds. Si la victime en se débattant dans les convulsions de vi 20

l'agonie se traîne jusqu'à la mer et va rougir de sang l'écume de la vague, le sacrifice a été agréable aux djhins ; les vœux seront exaucés et la joie se manifeste par ces cris si connus de tous ceux qui ont visité l'Algérie : you , you, y ou !

Le grand-prêtre se fait chèrement payer ses fonctions de sacrificateur : ce qui prouve qu'en tous lieux l'ignorance et la crédulité sont lucrativement exploitées. Quant à la forme même des sacrifices, elle présente une grande analogie avec les sacrifices de l'antiquité ; elle en est même la reproduction fidèle , et Dieu sait seul, lui qui en a permis la perpétuité jusqu'à nos jours, combien il faudra encore de siècles pour que le progrès abolisse ces puériles et révoltantes superstitions.

C'est sur les grèves de Bab-el-Oued, près du fort des Anglais, que ces scènes sanglantes se renouvellent tous les mercredis devant un grand concours de curieux. Les jeunes et jolies mauresques qui accompagnent leurs mères, y trouvent l'occasion de se dévoiler un instant et de laisser admirer leurs mains et leur visage blancs comme le lait, leurs ongles et leurs pau-

pières noirs comme l'ébène. Beaucoup d'entre elles parlent notre langue, comme presque toute la nouvelle génération arabe d'Alger et elles expliquent gracieusement le but de ces cérémonies aux Français qui se montrent désireux de le connaître. Les enfants des vétérans qui gardent le fort des Anglais, viennent, après les sacrifices, glaner sur le rivage les têtes des volailles décapitées. Ils s'en régalent avec leurs familles, au grand désespoir des négresses fanatiques. On ne cite encore aucun exemple que les djhins s'en soient sérieusement fâchés. Je me rappellerai toujours avec bonheur les belles soirées d'été passées sur les terrasses d'Alger, avec l'élite delà jeunesse française, au milieu des bouffées d'azur de nos cigares, que la brise emportait vers la rade bleue. Sur cette rade, se balançaient mollement les mâts du navire qui devait me ramener et à bord duquel je devais, comme sur le Météore, comme chez tous nos compatriotes algériens, retrouver cette politesse exquise, cette urbanité empressée qui nous font partout , à l'étranger, crier : « Vive la France ! »

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