‹ ŒuvresChapitre 21 sur 72 · AU BORD DE L\ MER · texte numérisé non relu

AU BORD DE L\ MER

Pauvre enfant ! comme il dort, paisible, au bruit des mers !

Ses yeux n'ont point encor versé de pleurs amers.

A d'innocents plaisirs chaque heure le convie ;

Il boit avec amour le nectar de la vie

Que l'ange de l'enfance a parfumé de miel ,

Mais que le temps, hélas î mélangera de fiel !

Il dort, le petit ange ! et chaque lame expire

En baisant ses pieds nus, et la mer lui soupire

Une de ces chansons au vague et doux accord,

Comme la mère en dit à l'enfant qu'elle endort.

Oh ! ne réveillons pas ; peut-être cette grève Parfume son sommeil de quelque divin rêve, Qu'apporta pour lui seul le zéphir levantin. Laissons-lui savourer ce repos enfantin Que nous regrettons tant lorsque les ans arrivent. Et dont les noirs soucis et les douleurs nous privent.

Tandis que l'Océan roule, majestueux,

Autour de cet enfant ses flots tumultueux.

Lui, sur le sable fin posant sa blonde tête.

Ne vous offre-t-il pas l'image du poète

Qui, fermant son oreille à tous les bruits humains,.

S'endort avec amour dans ses songes divins?

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