‹ ŒuvresChapitre 32 sur 72 · APPARITION · texte numérisé non relu

APPARITION

Ange des nuits î sur les flammes du jour Pourquoi fuis-tu les célestes rivages.

Et pleures-tu, sous ces pales ombrages, Tes souvenirs de tendresse et d'amour ?

Regarde ces bosquets où jadis, jeune femme,

Dans un berceau de fleurs tu reposais ton amc.

Vois comme tout est triste, aride et défolé î

Ne préfères-tu pas le séjour éloilé.

Le printemps éternel et les brises divines,

A ces bois, où tu peux, dans les jaunes épines.

Déchirer ton Leau voile blanc ?

Il 11.

L'hiver a desséclié, sous son sceptre de glace, Le frais et doux gazon qui couronnait Je banc D'où lu laissais flotter tes regards dans l'espace. Ton parterre, que Taube inonde de ses pleurs, A changé, pour le tleui*, sa îoiletîe de fleurs. Les pavots élancés, les roses embaumées.

De leurs feuilles inanimées.

Jonchent le sol désert. Et mon cœur, éperdu. S'effraie en méditant sur le néant des choses ; Kn voyant qu'au bonheur, aux chants d'amour, aux roses.

Les cyprès seuls ont survécu.

(Jh î ne viens pas errer sous ces sombres feuillages ; Car tu n'y trouverais que d'étrangers visages. Et la trace des pleurs que ta mort fit cou'er. Fuis au ciel, désormais ton unique demeure, ^r»ux ange î ou si tu veux parfois l'en exiler, N'en descends que pour consoler Celui qui t'appelle. . . et qui pleure.

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