APPARITION
Ange des nuits î sur les flammes du jour Pourquoi fuis-tu les célestes rivages.
Et pleures-tu, sous ces pales ombrages, Tes souvenirs de tendresse et d'amour ?
Regarde ces bosquets où jadis, jeune femme,
Dans un berceau de fleurs tu reposais ton amc.
Vois comme tout est triste, aride et défolé î
Ne préfères-tu pas le séjour éloilé.
Le printemps éternel et les brises divines,
A ces bois, où tu peux, dans les jaunes épines.
Déchirer ton Leau voile blanc ?
Il 11.
L'hiver a desséclié, sous son sceptre de glace, Le frais et doux gazon qui couronnait Je banc D'où lu laissais flotter tes regards dans l'espace. Ton parterre, que Taube inonde de ses pleurs, A changé, pour le tleui*, sa îoiletîe de fleurs. Les pavots élancés, les roses embaumées.
De leurs feuilles inanimées.
Jonchent le sol désert. Et mon cœur, éperdu. S'effraie en méditant sur le néant des choses ; Kn voyant qu'au bonheur, aux chants d'amour, aux roses.
Les cyprès seuls ont survécu.
(Jh î ne viens pas errer sous ces sombres feuillages ; Car tu n'y trouverais que d'étrangers visages. Et la trace des pleurs que ta mort fit cou'er. Fuis au ciel, désormais ton unique demeure, ^r»ux ange î ou si tu veux parfois l'en exiler, N'en descends que pour consoler Celui qui t'appelle. . . et qui pleure.