‹ ŒuvresChapitre 4 sur 72 · FKTE PATRONALE DES MAÇONS · texte numérisé non relu

FKTE PATRONALE DES MAÇONS

Salut, frères, salut î Pour rendre notre fête Brillante, fraternelle, heureuse, enfin parfaite, D'aucun nuage obscur nos cieux ne sont tachés ; Les arbres, comme nous, se sont endimanchés ; Nos drapeaux, comme un ciel où l'arc divin s'éldle. Bariolent sur nous le plafond de la salle ; Et, bien fjue nous soyons entourés d'étendards. Bien ipi'un vin généreux anime nos regards,

Bien que l'arlillerie, en salves régulières, Tonne et mitraille l'air de ses chansons guerrières, ('.e soir, à son cJlicher, le flambeau du soleil Ne se mirera pas dans notre sang vermeil ; Les membres palpitants, les poitrines broyées. Les chevaux mutilés, les maisons foudroyées. Ne le forceront pas à pâlir ; et ses feux N'auronl illumine que nos vins et nos jeux.

Que nous sommes heureux d'être ouvriers, mes frères! Qu'il est beau de remplir, pour narguer les misères. Des épargnes du mois le budget fraternel, r.omme rabeille emplit la ruche de son miel! Oh ! ce fruil du travail est un trésor sublime î Lorsque la mort choisit l'un de nous pour victime, Lorsque la maladie attache sur son lit Le père exténué qui ràlo cl qui pal il, La faim, Thorrible faim, aux prunelles hagardes. Gorgone assise au seuil de toutes les mansardes, 0 frères, ne vient pas, dans ses bras étoulïants, Étreindre notre épouse cl tuer nos enfants. Cel or est toujours là pour sauver nos familles. Pour vêtir l'orphelin, pour que nos jeunes filles N'aillent pas, pour du pain, vendre au riche elTronh' Le calme de leurs jours et leur virginité.

— Oi —

Que nous sommes Iioureux d'être ouvriers ! La vie A pour nous des douceurs que plus d'un prince envie. Le matin, sur les toits, avec les gais oiseaux, Nous chantons le soleil qui sort du sein des eaux. Qui, submergeant ces toitî? des flols de sa lumière. Change en corniches d'or leurs corniches de pierre, Et semble réchauffer, de ses rayons bénis, La tuile, frêle égide où s'abritent les nids. Nous guettons les beautés dont l'àme et la fenêtre Semblent s'épanouir au jour vient de naître; Et, de Paube à la nuit, l'aile de nos refrains Emporte dans son vol nos maux et nos chagrins.

Fêtons donc dignement le jour qui nous éclaire, Car le Christ le choisit pour s'enfuir de la terre^ Pour aller, dans le ciel, offrir au Toul-Puissant Le cœur du genre humain, qu'il lava de son sang. Nous, nous l'avons choisi parce que nos échelles Nous rapprochent aussi des voûtfs éternelles; Que, perchés sur les toits, aux façades pendus, Nous semblons des oiseaux dans l'espace perdus.

Noire divin patron, frères, veut des apôtres

Qui sachent, comme lui, vouer leur vie aux autres,

Qui sachent flageller les sots et les ingrats Par Tor de nos sueurs rcn lus riches et gras. Aimons le Christ, afi:j qu.^ de ses faux m'nistres Son bras fasse avorter tous les desseins sinistres ; Prions, pour ne plus voir le soir, sur les pavés. L'ivresse et la misère aux regar Is dépravés ; Prions pour que son souffle éteigne dans nos villes L'incendiaire feu des discor.les civiles ; Prions, prions le Chris! ! demandons-lui qu'un jour Nos femmes n'aillent plus prostituer l'amour : Que de saintts vertus il dote nos compagnes, Et qu'il rende déserts nos prisons et nos bagnes. El, pour consolider cet avenir nais.sant, N'épargnons ni nos bras, frères ni notre sang. Instruisons-nous : les maux sont fils de l'ignorance. Travaillons : le travail donne l'indépendance. Amis, je ne suis pas un de ces insensés Qui prêchent le travail avec les bras croisés ; Mon travail me nouiril, et mon plus noble éloge, C'eî<t le bruit sourd que fait ma truelle dans l'auge.

Le soir, quand vous voyez s'envoler tour à tour A votre humble foyer les fatigues du jour, Que des livres choisis de science et d'histoire De leurs trésors féconds ornent voire mémoire. Ils vous révéleront vos devoirs et vos droits. Les peuples ignorants sont lu bétail des rois.

L'ignorance enraya le char de riniuslrie. Oh ! cultivons l'etmle, aimons bien la patrie. Songeons que, sur la mer des mondes en travail, Du vaisseau des progrès Dieu tient le gouvernail.

ûCè3<£^

Page 1