‹ ŒuvresChapitre 43 sur 72 · FROID · texte numérisé non relu

FROID

^■( i-iicur, depuis deux jours nos collines sont l)lanclies Comme ces monls glacés^ trônes des avalanches,

Où s'élerniscnt les hivers.

I)o[)uis deu\ jours. Seigneur, la neige éblouissante Couvre nos bois déserts et la moisson naissante

De nos champs déjà verts.

Le pauvre laboureur pleure dans sa chaumière ; Le soleil à ses blés refuse la lumière.

Le blanc suaire des frimas S'épaissit chaque nuit de la neige qui tombe , Kl }rèsc tristement, comme un marbre de tombe,

Sur nos frileux climats.

Un joui\, qiravec effroi le pauvre se rappelle î

—La campagne au prinienaps souriait verte et Lclle,—

Le souffle mortel des autans Gela les oliviers, ruina la Provence Qui^ pour se relever de cette perte immense,

A travaille vingt ans.

Hélas î chaque malin le jour qui naît ressemble A ce jour désastreux qui vit mourir ensemble

L'orge et les blés dans les sillons.

L'olivier dans les champs, l'oiseau dans les bruyères, Et, dans le désespoir, des familles entières

Sans pain et sans haillons.

Seigneur, épargne-nous ce deuil et ces alarmes! Protège l'arbre saint qu'arrosèrent tes larmes î

Fonds des neiges le froid linceuL Le pauvre pleure et jjrie : exauce sa prière ! Presque toujours, Seigneur, de la juste colère

Le pauvre souflre seul.

Refoule les frimas dans leurs sombres lanières ! Sauve, par le retour des chaleurs printanières,

L'olivier aux rameaux épais !

Seigneur ! }!Our la Provence où ton soleil l'éclairé, C'e-t l'arbre de la vie, et pour toute la terre

CVst l'arbre de la };aix.

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