SOLEIL COUCHANT
Laissez-moi contempler ce couchant du soleil ! Laissez-moi voir le ciel tapissé de vermeil î
Des lambeaux de nuages pendent Dans le rouge occident. D'un magnifique éclat Les monts brillent : tandis que dans le vallon plat
Les ombres du soir se répandent.
Et pourtant ces vieux monts sont ceints de blancs frimas ! On dirait, égaré sous nos ardents climats.
Un paysage moscovite.
Mais la douce fraîcheur des brises du Midi j La pureté du ciel par le soir attiédi,
Veiné d'or comme un bloc d'ophile ;
— 'lis —
Les senteurs de la mer, le chant de nos oiseaux Qui, fruits vivants de l'air, font ployer les rameaux ;
La nuit paisible qui s'avance : Les oliviers, toujours de feuillage couverts, Conservant leur parure en dépit des hivers :
Tout te révèle, ô ma Provence î
Tout dit que rien ne peut altérer ton beau ciel, Que toujours l'oranger t'abreuvera du miel
Qu'il cache en une écorce amère ; Tout dit, 0 beau soleil î que tu nous revienilras, Qu'en te levant, demain, d'un regard lu fondras
Toute cette neige éphémère.
Et lorsqu'après avoir doré nos régions.
Père chéri du jour ! tes flamboyants rayons
Déjà se dirigent \ers d'aulies, Les nuages, formant mille langues de fej, Ce soir semblent encor répandre l'Esprit-Dieu
Qui descendit sur les Ap*tre?.