‹ ŒuvresChapitre 52 sur 72 · SOLEIL COUCHANT · texte numérisé non relu

SOLEIL COUCHANT

Laissez-moi contempler ce couchant du soleil ! Laissez-moi voir le ciel tapissé de vermeil î

Des lambeaux de nuages pendent Dans le rouge occident. D'un magnifique éclat Les monts brillent : tandis que dans le vallon plat

Les ombres du soir se répandent.

Et pourtant ces vieux monts sont ceints de blancs frimas ! On dirait, égaré sous nos ardents climats.

Un paysage moscovite.

Mais la douce fraîcheur des brises du Midi j La pureté du ciel par le soir attiédi,

Veiné d'or comme un bloc d'ophile ;

— 'lis —

Les senteurs de la mer, le chant de nos oiseaux Qui, fruits vivants de l'air, font ployer les rameaux ;

La nuit paisible qui s'avance : Les oliviers, toujours de feuillage couverts, Conservant leur parure en dépit des hivers :

Tout te révèle, ô ma Provence î

Tout dit que rien ne peut altérer ton beau ciel, Que toujours l'oranger t'abreuvera du miel

Qu'il cache en une écorce amère ; Tout dit, 0 beau soleil î que tu nous revienilras, Qu'en te levant, demain, d'un regard lu fondras

Toute cette neige éphémère.

Et lorsqu'après avoir doré nos régions.

Père chéri du jour ! tes flamboyants rayons

Déjà se dirigent \ers d'aulies, Les nuages, formant mille langues de fej, Ce soir semblent encor répandre l'Esprit-Dieu

Qui descendit sur les Ap*tre?.

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