‹ ŒuvresChapitre 61 sur 72 · AU CHRIST · texte numérisé non relu

AU CHRIST

Je suis moulé Lien haut sur nos montagnes nues, Pour le ^oi^ de plus près, pour écouter encor Le IVùlement produit par la robe des nues, Lorsqu'au vent de la nuit ondulent leurs plis d*or.

Sur ces augustes monts qui t'encensent d'arômes, Sur ces autels, Seigneur ! ma voix t'a célébré. Mais les cris de douleur que l'adressent les homme?, En s'élevant vers toi dans mon âme ont vibré.

J'étais parti joyeux, attachant ma prunelle A la voûte où je lis ta gloire et ta bonté ;

Mais la plainte d'en Las qui passait, solennelle, A ramené mes veux vers la réalité.

Et du haut de ces monts que le torrent balaie, •l'ai vu la terre en proie aux fléaux de Tenfer ; J'ai vu surtout le bagne, immense et rouge plaie. Tordre, en le blasphémant, sa ceinture de fer.

Kt ces forçats, courbés sous la chaîne et la honte. Leurs grincements de dents, leurs rires de démons, Troublaient Thymne inûni qui sans cesse à toi monte Des profondeurs des mers et des cimes des monts.

îs*est-ce pas toi. Seigneur î qui dans ta main sublime Tiens les deslins de tous ? Et si c'est toi, pourquoi |]eux-là sont-ils tombés dans le gouiïre du crime ? }s 'avais- tu j as t)Our eux de })lace auprès de toi ?

iJ'uù vient que de ton sein le malleiir leseviie? D'où vient jjour ces brebis l'abandon du pasteur? Ton amour n'est-il plus runi\ersel asile <ju'ouvrit le Ilot de sang de ton flanc rédempteur?

A tpiand la guérison de toute jilaie innuonde? Le jour où tous croiront et ne soulTiiroiît plus?

A quand ce jour qui doit régénérer le monde, A quand le jour divin où tous seront élus ?

Car puisque c'est pour tous que tu mourus, espère, Espère que, le mal enfin anéanti.

Tous voudront, tous pourront vivre au sein de ton Père, Et tu t'applaudiras, ô Christ ! d'avoir menti.

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