‹ Œuvres choises de BalzacChapitre 22 sur 38 · A. MADAME · texte numérisé non relu

A. MADAME

LA MARQUISE DE RAMBOUILLET

Madame,

La dernière fois que j'eus rhouneur de vous voir , l'empereur Auguste fut le principal sujet de notre entretien. Je vous le fis considérer dans les commencemens , dans le progrès et dans la perfection de sa gloire. Vous vîtes comme à l'âge (le dix-neuf ans il donna le change à la vieillesse et à l'expérience de Gicéron ; comme dans une même pièce il joua trois ou quatre personnages «lifférens ; comme il montra aux Pères-Conscripts qui le vouloient traiter de jeune homme , qu'encore qu'il n'eût pas si long-temps étudié qu'eux, il en avoit appris davantage; et comme il se servit adroitement de leurs forces pour faire réussir ses desseins, au lieu qu'ils pensoient seservir de son

nom et 'de son crédit, pour rétablir leur autorité.

Je passai le plus légèrement que je pus sur le sanglant acte du Triumvirat , dont il n'y eut pas moyeu de nettoyer sa réputation , et souhaitai , pour son honneur , que cette partie de son histoire fut rayée de la mémoire des choses. Je m'arrêtai sur les fréquentes brouilleries , les réconciliations plâtrées , et la dernière rupture de lui et de Marc-Ântoine , et l'accompagnai jusqu'à Rome , et jusqu'au jour de son triomphe , après le fatal voyage d'Egypte. Ce ne fut pas sacs vous faire prendre garde par les chemins , que la dextérité de son esprit se mêla toujours avec le bonheur de ses armes ; et qu'ayant abattu dans la plaine de Philippes les deux chers enfans de la république , il crut n'avoir rien fait , s'il ne se sçavoit défaire des deux cohéritiers qu'il avoil en la succession de la puissaqce de son onde^ afin d'assurer ce qu'il avoit fait.

Il conduisit cette oeuvre admirablement. Il

alla plus loin que son oncle , et se mit en une meilleure assiette. La vertu qui s'y opposa fut malheureuse. La force se trouva impuissante. Les empéchemens lui servirent de passage pour y arriver. Et alors , Madame , les Romains commencèrent à connoitre le dessein de la Providence, et la maladie mortelle de leur vieille république A la fin ils aimèrent mieux un maître certain

et une paisible servitude , que des dbangemens tous les jours, et une perpétuelle frayeur de guerre civile. Le repos , qu'ils crurent être un bien essentiel, leur tint lieu de liberté , qui ne leur sembla plus qu'un plaisir de fantaisie. Chacun fut bien-aise d'être de loisir, après tant de fâcheuses affaires; et la douceur de l'oisiveté se coula si agréablement dans leur âme , qu'ils n'eussent pas voulu de leur première condition , quand Auguste la leur eût voulu rendre de bonne foi. Ils étoient si las de brigu es et de partis, qu'ils reconnoissoient pour bienfaiteur celui qui leur ôtoit la peine de se gouverner eux-mêmes; et bénissoient son usurpation , qui les avoit délivrés ^e leur mauvaise conduite. « Puisqu'il nous mène , disoient-ils , » dormons en assurance dans notre vaisseau ; » disons la débauche, si nous voulons ; moquon»- » nous des bancs et des pirates ; il n'est pas pos« » sible de nous perdre ; César nous répond de » notre salut. »

Les petits-fils mêmes des consuls et des dictateurs oublièrent leur honneur , pour aller après leur intérêt , et laissèrent là une liberté ruineuse et imaginaire , pour se tenir à une obéissance commode et pleine d'avantages effectifs. Us furent les plus souples et les plus assidus courtisans. Et quoiqu'ils portassent des noms, qui avoient fait trembler les rois de la terre , ils ne

souhaita et de la mauvaise volonté des hommes. Ensuite dé quoi, Madame, uW juge satis reproche , comtlle vous dbiez M. Cliapielâin' , élevant tafût Soit peu sa voix ^lïis qu'à l'ordinaire , prononça ce beisru décret en' faveui^ d'Auguste et dé sa niôûvelle domination. « Qùï est le présomp- » tueux (Jui s'é puisie plaindre que Te Ciel soit » an-dessus de lùî, qiii puisse trouver étrange " que la plus lutniheùse des créatures soit là

» plus haute , et que le plus digne sôit Te plus » grand ?»

Personne n'appela dé cet arrêt. Auguste fut couronilé par le suffrage de toute la compagnie, après que sa vie eut été faîte en' petit de ma fai^oti. Mais parce qu'Agrippa et Mécénas furent oubliés eii' cette vie, vous' riite' témoignâtes à' là sortie de votre cabinet , qtié vous ne sériez pis fâchée que je vous contasse ce que je pôùVoîà sçavoir dé Tun et dé l'autre ; et qiVé je Voùsf(^rois eiicore plus de plaisir , si j'e vous vouloir' feii*é une particulière relation dé Mécénas, dé qùl.tatti: de gens parlent skns le connOitre. Vous serez obéie à ma ihôdé : je véudrôis bien' que ce pût être à votre contentémeht; niais, coriithé'de'coii*tume , Madame,' je voûs*d6rinèrai lés choses que VOUS mé demaildez , selbri qù^ellés the viendï^oùt à l'esprit , et dans la liberté de là conVersalfôn', plutôt qtie dans Pdrdre de! l'histoire.

Agrippa étoit hardi et sage à la guerre , infa* tigable dans les travaux militaires, religieux observateur de la discipline , et avoit toutes les autres . parties d'uu bon capitaine ; mais d'ailleurs il manquoit des vertus douces et sociables , qui sont nécessaires à un habile courtisan! Il entendoit mieux la science de la campagne que celle du cabinet , les stratagèmes que les intrigues ; et ce qui étoit en lui vaillance durant le trouble j devenoit rudesse dans le repos.

On ne peut pas dire la même chose de Mécénas. Il a été estimé le plus honnête homme de son temps y et n'avoit rien en sa personne que la nature n'eût formé avec soin , et que les bonnes lettres et le grand monde n'eussent poli. Vous remarquerez néanmoins , Madame , que la teinture qui se prend en cette grande lumière , et qui donne couleur aux biens naturels , fut prise de lui avec réserve , et n'alla pas jusqu'au fard et jusqu'au déguisement des intentions , beaucoup moins jusqu'à l'entière altération de la probité. Il avoit les grâces de la Cour, mais il n'en avoit pas les vices , et ses actions furent toujours •ussi droites que sa façon d'agir étoit agréable. . Quoique ]?i Cour, /sache débaucher les saints, et d'ordinaire inf^qtè (l'abord ce qu'elle reçoit depur , elle ne gâta point Mécénas. Il lui fit voir qu'outre l'usage des préservatifs que fournit Té-

tude de la sagesse , il peut y avoir de si bonnes dispositions au^dédans, qu'elles sont plus fortes que toute la corruption de dehors. Ce fut lui qui donna au monde le premier exemple qu'il ait vu d'une innocente et modeste prospérité. Il conserva dans le palais les maximes qu'il y avoit apportées , et en un lieu où tout est faux et masqué , il voulut paroître ce qu'il étoit.

Mais il n'avoit garde , Madame , de contrefaire le libéral et le généreux ; il eût eu bien de la peine à s'empédier de ne l'être pas. Pour cela, il ne lui falloit ni travailler, ni combattre. Se laissant aller à la pente de son inclination , il ne tomboit jamais que dans le biea et dans la vertu. Et ainsi ses bonnes actions venant de source, et n'é-* tant pas tirées à force de bras, comme celles de quelques héros de notre siècle , on n'en estimoit pas moins l'aisance et la liberté que l'éclat et la magnificence.

On a dit de lui qu'il £siisoit l'honneur de son siède et de l'empire romain ; qu'il étoit le bien général du monde; que le soleil se lasseroit plutôt de luire , et les rivières de couler, que Mécénas de faire du bien. IJn galant homme de son temps lui crie , dans un poème qu'il lui adresse : Oe$t ^rop donner^ Mécénas; je suis trop riche. Et de fait il n'y avoit que la seule discrétion de ceux qui recevoient ses bienfaits, qui pût mettre fin à sa li-

béralité. Si ses amis l'eussent voulu ôroire, il ne 56 fût rien laissé de reste; et on n'osoit plus louer chez lui, ni un tableau envoyé de Gi^e par rareté, ni une statue d'airain de Côriinfthe, ni un service de vaissellfe die cristal, de peur qu'à Theurc même il ne dépouillât son palais de ces meubles précieux et ne les fît prendre par forée à celui qui les avoit loués.

L'excès et la vanité pourrôiertt imiter, Mécénas ; la simple bonté naturelle pou^bit aller ju^ que-là; mais il se faut souvenir, Madame, que cette noblesse d'esprit n'étoit pas solitaire et sans compagnie ; toutes le6 vertus matchoient à sa suite. C'étoit une bonté forte et courageuse, une bonté habile et intelligente; et la même fon- . taine où les particuliers puisoient les faveurs et les courtoisies , fbumissoit le publio de conseils et de résolutions.

Le grand docteur qu'étoit cet homme en la sdence de gouveniier! Jamais là face des af&ires ne le trompa ;r}aniais: il ne fut politique à>faux, ni ne s'égara pour parôitre beau parleur dans les vastjes espace^ de là vraisemblance ; il alloît toujours tout droit à là vérité, et voyoit si nettement la suite des choses en leur première disposition , que' les succès les plus irréguliets ne démentoient guère les conjectures qu'il en avoit faites. : " • .

N'esl*il pas vrai que rEmpereur eut fdit tcnrt à une si excellente personive, s'il tie l'eût ]^ hùtkMée de sa confidence, et ^'il ne lai eàt pas donné part en la conduite da monde? Étant, comme il étoit^^^n^^^ estimateur des h<mmies, et sçachant le prix de chacpie dtose , il ne pduvoit pas faire légitimement que douze ne valussetit plus que deux, que quantité d'éminentes qualités ne fussent de phis grand nsage qu'une médiocre suffisance ; que le pl^ug^ puissant en raison n'eût la première place dans ks affaires ; en un mot , Madame, Âugusfe ne pouvoit pas feire que Mécénas ne fût £avoTi d^ Auguste; et , bien qu'il fallût donner! de longs et d'opiniâitres combats- contre la retenue d'u>n e^it si modéré , pour lui faire accepter ce qu'a méritoit, et qu^il y eût beaucoup de peine à le surmonter, si est-ce qu*rl ftrt digne de h, magnanimité du pfeis grand prince du monde, de ne ^ laisser point f aiïkîré en cette occasion^, et dif^nepas souffrir que sa reconnoissance lût mfél>ieure à la modestie d^un de ses amis.

tt fil <donc^ de grande biem àr cet ami ; mais ce f»t, comme vous avez dëjù v-tt'i pour les distribuer ct'pourjés épandre de tôi<s eôtés-^ pôiir éclairer et pouf réjouir «oute la terre de la lumière de ses ric&edses. ©e^ced biete, M^énas acheta k Augafete tôuii lès esprits tt toutes les Isnafguefii, et pi» coytâÀfuentWliii rendit en de

meilleures, de plus nobles et de plus durables espèces; tellement, qu'à bien considérer un commierce si nouveau, celui qui donnoit étoit moins libéral que bon ménager ; et celui qui reeevoit de lui étoit plutôt son facteur que son favori.

Au reste , Madame , ce que je m'en vais vous dire mérite bien d'être remarqué : il eut toujours la religion de ne rien recevoir qui ne pût être donné justement, il ne voulut rien qui lui pût être reproché, non-seulement par les plaintes publiques de la renommée, mais aussi par les soupirs secrets d'un particulier intéressé. Ceux qui depuis eurent la même faveur, sous les autres règnes, n'en usèrept pas de la même sorte. Leur morale fut plus large et plus indulgente à leurs passions ; ils n'eurent pas dé ces délicatesses de conscience.

Quand on ne moiuroit pas assez tôt de mort naturelle, ils a voient recours aux accusations, pour avancer le terme du compte qu'ils avoient fait. Ils £siisoieut condamner les innocens ^ pour faire vaquer leurs charges , et à la vue des orphelins affligés, ils portoient les marques de la fortune de leur père, qui n'étoient pas encore sèches de son sang. Le procédé de Mécénas étoit très-différent de celui-là : il eût cru êtri^ souillé de la confiscation du bien d'un proscrit. £t^ à votre avis, combien de charges et de maisons

a-t-il refusées, pour ne vouloir pas toucher à des dépouilles funestes et recueillir la succession d» malheureux?

Je dis davantage, et son scrupule alloit plus avant; il a renvoyé souvent les présens et les gratifications des provinces qu'il avoit fait soulager, de peur que la plus légère marque de leur gratitude , et qu'un bouquet reçu en telle rencontre , ne fit paroitre en ses avis là moindre ressemblance d'intérêt. Il a souvent rejeté l'utile , qui n'étoit point déshonnéte, pour embrasser Thonnéte, stérile et infructueux ; il a préféré une simple satisfaction d'esprit, aux choses que le monde estime solides et essentielles.

Je pense, Madame, qu'une grandeur si discrète et si mesurée ne donnoit point de jalousie à son prince. 11 ne falloit point craindre de tra-' hison d'une si superstitieuse intégrité. Comment eût-il été pensionnaire de Marc- Antoine, s'il n'acceptoit pas toutes sortes de grâces d'Auguste ? Et comment eût-il désiré les choses nouvelles , pour rendre sa condition meilleure , puisqu'il se contentoit d'une petite partie des avantages que les choses présentes lui offroient? O le rare exemple pour les heureux ! ô l'homme qui ne se trouve point! ô la forte et la solide pièce dans les fondeinens d'une principauté naissante ! La tyrannie même eût pu être justifiée par l'innocence

(334) de c$ ministre, comme elle eût pu être soutenue par ses antres vertus plus vives et plus ardentes.

Je ne voudpois pas pourtant nier que sa complexion délicate ne le rendît (quelquefois moins propre aux fatigues du corps et aux corvées de la guerr^^, et ne fut cause qu'il ne pouvoit d'ordinaire travailler que de l'esprit. Mais, Madame, sans faire l'empressé , il ne laissoit pas de faire l>eaucoup et ide rendre à l'État d'aussi utiles services que son collègue, quoiqu'ils ne fussent pas suivis de tant de hruit et de tant de pompe. La solitude qu'il se bâtit dans la ville, et les ombrages de ses jardins , cachoient la moitié de sa vertu ; ses occupations étoient couvertes d'une apparence extérieure dloisiveté ; et peut - être qu'on louoit Agrippa qui paroissoit , delà con» duite de Mécénas qui étoit retiré.

L'Empereur avoit plus d'incUnation pour celui-ci : mai$ se souvenant des batailles gagnées en Sicile et en Egypte , il avoit plus d'estime pour l'autre. Il oroyoit que l'un l'aimât davantage, et quel'autre l'eut plus obligé. Ils ddibéroient tous trois des affaires générales. Mai$ quelquefois il délibéroit avec Mécénas de la vie et de la fortune

d' Agrippa. Témoin, Madame, ce petit mot sur lequel un disciple de Machiavel composeroit un grand discours : f^Ous dei^ez le faire mourir^ ou

le faire votre gendre; c'est-à-dire, il faut, ou le perdre, ou le gagner tout-à-fait; il faut s'assurer d'une grandeur qui vous peut être suspecte , ou en rotant du ipoiide, ou en le mettant en votre maison.

Yoi|s voyez par là que Mécénas ne regardoit que son maître, je parle ici en François, et ne songeoit qu'à raffermissement de son autorité. Agrippa avoit quelque goût de la liberté perdue , et tournoit U tête de temps en temps vers l'ancienne république. Celui-ci ne proposoit que des conseils purexpent honnêtes ; mais son compagnon , quand il y alloit du biea de l'État , vouloit ajouter k profit à l'honnêteté. Le premier avoit le commandement des armées, et combattpit les ennemis de l'empire ; le second exerçoit son pouvoir sur l'âme même de l'Empereur , et apaisoit les mouvemens qui s'y élevoient contre la r^tison.

Ce qu'il fa^spit , Madame, avec tant de liberté, que le pripçe étant un jour en son lit de justice (je ne puis exicore m'empécher 4e parler françois), où. il voyoit quelques procès criminels, et comniençoit à se laisser emporter aux ruses et aux: calomnies des accusateurs, Méctnas arrivant l^-dessus, et ne pouvant fendre la presse qui l'eiç^pêchoit de pénétrer jusqu'à lui , lui envoya de main en main un billet, d^ns lequel ces

paroles étoient écrites : Bourreau , ne veux-tu point partir de là? Auguste, au lieu de s'offenser de h. hardiesse de ce mot , et d'une familiarité si piquante , prit en bonne part le zèle de sod ami, rompit l'assemblée à l'heure même, et descendit du tribunal , d'où possible il ne fut pas descendu innocent, s'il y eût demeuré davantage.

Il recevoit souvent de semblables preuves de fidélité. C'étoit Mécénas qui tempéroit la chaleur de ses passions, qui adoucissoit les aigreurs de son esprit, qui guérissoit ses blessures cachées, quand il n'avoit pu aller au devant du coup qui luidonnoit de la consolation, quand il n^toit pas en état de recevoir de la joie.

Auguste connoissoit bien le mérite et le prix de cette amitié ; il voyoit bien que , sa personne lui étant plus proche que sa fortune, ces sortes de services dévoient valoir davantage en son esprit, que des villes prises et des batailles gagnées: aussi lui en témoignoit-il tout le ressentiment que vous pouvez vous imaginer en un prince juste, et qui sçavoit distinguer l'inclination d'avec le devoir, et ceux qui n'aimoient que César, d'avec ceux qui méloient d'autres passions parmi celle-là. Après même qu'il fut mort , il continua d'être reconnoissant enver§ sa mémoire, et tou te les fois qu'il lui survenoit quelque affliction domestique, ou quelque déplaisir de dehors, il disoit

(337) • en soupirant : Cela rie me fût point arrivé , si Mécénas eût été en vie. Il croyqit être malb^ureux de posséder Tempire du monde , parce qu'H avoit perdu Mécénas.

Il avoit certes beaucoup de raison de regretter une personne également bonne et intelligente , qui ne pouvoit ni tromper, ni être trompée ; qui ne pouYoit faire mal, ni par infirmité, ni par dessein. Il avoit grand sujet de pleurer la perte d'un ami , si utile tout ensemble et si agréable , d'un ami de toutes les heures et de tous les temps, dans lequel il trouvoit tout ce qu'il cheçchoit , qui étoit ses tablettes et ses lieux com,muns , le témoin et le dépositaire de ses pensées , le trésor de son esprit , voire son second esprit.

En effet, Madame (poiir achever de vous faire voir ce que vaut un ami fidèle auprès d'un grand prince), combien pensez* vous que, par sa xaison , il assurât , il fortifiât , il augmentât la raiAon d'Auguste? Combien d'épines lui a-t-il tirées des affaires qu'il avoit à démêler ? Combieii lui a-t-il proposé d'expédiens pour faciliter ses desseins? Combien de plans lui a-t-il dressés pour élever ses ouvrages ? Ne doutez point que plusieurs fois il ne lui ait épargné la peine de la prévoyance , et ne se soit chargé des soins et des inquiétudes de l'avenir , afin de le laisser tput entier dans l'action , afin qu^ la force de son âme

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