‹ Œuvres choises de BalzacChapitre 25 sur 38 · LE CARDINAL BENTIVOGLIO · texte numérisé non relu

LE CARDINAL BENTIVOGLIO

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A MOmnGSŒUK

LE CARDINAL BENTIVOGLIÔ.

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Je ne puis croire ee que M. Maynard m'a ëciit de la bonté de. voti«e Eminence. Serok-il possible qu'elle eût admiré à Rome des orateurs et des poètes de province ? Aimeroit-'elle si ardemment les choses médiocres , elle qui connoît et qui sait faire les excellentes ? Elle loue donc jusqu'à notrecbarbon et a notre craie^ quand nous essayons de contre£aiire ses couleurs. Si nous représentons quelque oiAinre et quelque lueur de cette vive lumière , qui l^rille dans ses écrits , elle s'écrie avec joie que nous avons de l'avantage sur die. Vous prenez plaisir, Monseigneur , à nous voir amuser le peuple avec nos fleurets; yous faites. cas de notre industrie et de notre adresse ; vous qui avez en votre puissance toutes les machines de la- persua* sîon , et qui agissez sur l'âme des homn^es y avec une force plus qu'humaine; vous qui êtes entré parla parole , dans la confidence des princes , vers lesquels vous aviez été envoyé parle Saint-Siège y et qui avez changé auprès & eux votre ministère en autorité. Il est

certain, et c'est un témoignage quevoas rend la voix publique de la chrétienté , . qu'en toutes les Cours où TOUS avez été nonce, vous êtes devenu favori; je ne dis pae favori par l'extravagance de la fortune , par la fantaisie du prince , par un prodige du temps , mais par votre vertu , par votre éloquence, et par votre esprit. Après cela , Monseigneur , quelle apparence de chercher de l'esprit et de l'éloquence hors de vousmême, et de me demander mes dernières compositions , avec autant de chaleur que nous attendons les vôtres deçà les monts? 11 faut néanmoins obéir , puisque votre ToloBlé jn'a été déclarée par M. Majnard. J« ne trouvie point de résistance pour oppos»' « une si dovwie foi«e; des prières qui eio«><tiandent si obligeamment quelesi'âtrea,:nemeperRiettQntpas même de remettre mon oWiâsanoe à une auu^ fois. Sans différer davaUftge, ce aéra,, JVIonseîgnéui', par cet oritnaire ,,qMe wws tecevrez les deux di*«ours, ,qwe vous | avez pariàculièrenMdtidesirés.

Ce sont des discours dfe contradiction' et de combat, dans le genre que l'école nomme polémique: et la nécessité , qui ïiguerrit les pt«s paisibles «spnts, > i porté le mien en cette occasion, att-ddà de ce que je | croyois qu'il pouvoit aller. Je sais bien qu'un galant homme qui a l'honneur d'appKMAieï vatPe ÉmiMiice, lui a corné des merveUles-de mes' advepsakes et de leurs forces; & ce qu'il dU, quiconque pourra défendre les passages qu'on attaque, pourra soutenir une armée royale dans ua moulin et lui disputer un pont ' rompu. Vous verrez. Monseigneur, si j'ai fait ce qu*

le galant homme n'a pas estimé faisable ; mais si ce que j'ai fait vous pouvoit persuader, je croirois que ce seroit beaucoup plus que d avoir convaincu mes adversaires. Ce ne seroit pas seulement finir un procès , ce seroit empêcher de naître une infinité de procès, et l'arrêt d'un si grand juge imposeroit silence à toute la chicane présente et future. En ^tendant cette nouvelle laveur, que je me promets de votre justice et de mon bon droit , je prierai Dieu au désert pour la prospérité de votre Eminence, et demeurerai, avec le respect et la gratitude que je lui dois,

Monseigneur,

Son trèfr-liumble et très-obéissant serviteur,

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