A M. CHAPELAIN
CCMIAEU.LXE DU ÂOf XS «Et OOlTtlILC. ^
Je n'ai pas grand intérêt à la défense de la poésie; aussi ne parlerai-je que pour celui de la justice , et parce que vous me l'ordonnez. Ne m'âant érigé poète qtfô depuis six mois , il lâ'importeroit peu qu'elle fut en usage parmi nous , ou qu'elle en fut bannie, comme elle l'a été autrefois dé ce!rtaine téptiblique. Ce'seroit à vous, Monsieur, de justifier votre métier, et vous vous contentez de me faire vos plaintes contre ceux qui le veulent décrier. Je vous obéis à mon ordinaire, et ne suis pas fôché, étant redevable à la poésie d'une infinité de biens et de plaisirs qu^elle me Sût toiics les jours , par vous et par ses
autres feivoris, de trouver moyen de' la défendre
contre ses accusateurs.
Âpres quantité de foibles raisons , vous m'en alléguez îlne, que je tiens la moins considérable
de toutes, et sur laquelle vous dites qu'ils insistent dai«i«tag«; Uf^ èmmir Upoés^, p^ qu^on se sert d'elle à mauvais usage. Faut-il lui vouloir mal, à cause qu'où lui fait tort? Au contraire, ij mp seipabJi^ qu^'i^ , fijn^^jncyi^. Ja pj^ifid^e» comme une iiinocente qu'on a outragée, comme une vierge à l'honneur de laquelle on a attenté. Faut-il condamner les fêtes, parce que l'oisiveté et la volupté n'en îi'séht pas bien ? Faut-il abolir les pompes et les spectacles honnêtes , parce que la débauche se mêle quelquefois avec la joie? A moU; avûs , cette rigueur est i^ii peu trop ffrande*
plaire; les uns s,opt^iiti|pi^;;)p^.^ujtress9p!tagi;é?bles; et l'écrit s* \^ff»n,^^,^^f:^^^\.^^^ tff^ Que le di-oit çanpnet.a^.f^ Jifs^iça l^qififtt
en honnei^f : <^^:\\^ lk<m9^^. ^ftP^ \^ PJ^W^m^ î mais ci}]['q^>^n;^R.bj|jjn|^^.j>^,Pfflp«fp çt y^çgijç.
ne^ e^aq? lç^.|îjbU.QtJ^(jji^^,fj:9Ù Ç^gi^A T^çif lut chasser le.,(^^r«i^r; f^^$^J^en . gi^e "fijt^Jjiye. CultivQjQs.lp^oUyieçjj çt 1^3 yiggip5j,.f»^ n'^achonè pas. 1^ pyrt^s ^f ^^og^er^v , . ,.;:;, Ce seroit une étrange ,r^,(orjçpatjiQn;4'État;,<qi(e la.4éfçn]^e dç^tous les jp^aisÉ^» hyu^étes, que la 4e5trjuic<:i9n ^fitpu|:fsl^;^^U^,,chQ5ps. Inapqli-
tique ne doit pas se conseillev en çelfi , ^vçç. .la mauvaise humeur; et le chagrin de vos gen^ n^ doit pas être la règle de la police. Si^ comme ils disent, il ne falloit conserver dans les roy^unie^ que le fort et le solide, rien ije sproit a^swé ^ sa subsistance que les arsenaux et le$ citadelles^ que les remparts et les bastions. Et quel dommage de laisser tomber en rv^njç tou|tçs,lp^,TO^iT sons de plaisance d'auprès dç Rome, tout çe.qif'^ y a de ^eau à Frescati et à Tivoli? quçUç }iontç de voir périr les Tuileries et les j^digs.dp, Ijofl!^tainejïleau? Cç ^eypit un.cjrirpf^ i qu^nd on i^ p^ntribueroit que;de la négligence à unp .sLtçiste désolation. • . »,
Les gen3 de qjup OPMS parlqris sont pQf^rts^i de cet^ayis; '\\ concluent à l^ suppï;çsçfpn cjes vers, çopin^^ç au» aptre^ ah\\s 4^ hMm^^mî\ Ils appellent |^^ ^poètes les ^epipois9flflç|fT^ 4f Tàme, les profanateurs du chriatiajciis^e^c^jie fortifient de l'autorité du grand prince, qui avoit très-mauvaise opinion de leur piété.
Ce bon prince croyoit en effet que tpus les poètes qui étoient de son temps à Rome, n'étoient pas chrétiens, quoiqu'il y en eût de prêtres et de religieux. On lui persuada, ou il se persuada luimjême , qu'ils s^assembloient de nuit pour sacrifier aux idoles , et qu'en leur cœur ils adoroient les &UX dieux , comme ils les invoquoient en
leurs poèmes. Nos gens s'imaginent quelque chose de semblable; je le sçavois avant que vous me l'eussiez dit. Du temps que nous nous voyions à Paris, ils me parlaient toujours de l'adoration du bouc, faite solennellement à Arcueil ou à Gentilly. Ils nVtoient pas assurés du lieu; mais du fait , ils n'en doutoient nullement ; ils ne trai< toient jamais nos amis de delà les monts, que d'impies et de puens, que d'hérétiques et de sacrilèges : ils pensoient qu'on fît le sabat dans les Académies dltalie.
Le bou est qu'ils ne sont pas princes souverains, et bien nous en prend: à celaétoit, il n'y auroit point de sûreté pour les vers et pour ceux qui en sçavent faire. Je vais plus avant, et un ancien Grec me sert de guide : si pareilles gens avoieot la direction du monde, ils vondroïent retrancher le printemps et la jeunesse: l'un, de l'année; l'autre, de la vie.