‹ Œuvres choises de Desportes, Bertaut (volume 2)Chapitre 27 sur 66 · PARAPHRASE DU PSEAUME CXXXVI · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSEAUME CXXXVI

Assis aux tristes bords des eaux de Babyione , Où le courroux vengeur qui renversa le trône Des grands Rois de S ion , nous avoit exilés ? Nous pleurions jour et nuit Jérusalem détruite Que la flamme barbare en cendre avoit réduite , Rendant nos plus saints lieux déserts et désolés.

Nos cantiques de joie où Dieu daignoit se plaire, Entre tant de douleurs , condamnés à se taire Par le mortel ennui régnant en notre cœur , Et nos luths qui pendoient aux saules d.e la rive y Pleuroient , en se taisant , sa liberté captive Et soupirante aux pieds d'un superbe vainqueur»

Chantez-nous , clisoient-ils , quelqu'un de ces

cantiques Qui faisoient retentir les resonnans portiques De votre fameux temple , en glorieux accents , Lorsque quelque victoire , à S ion advenue , Poussoit vos cris de joie au-dessus de la nue , Et cliargeoit vos autels d'offrandes et d'encens.

Non , jà ne plaise au Ciel que la barbare audace Nous fasse prophaner , par prière ou menace , Les saints vers qu'Israël chantoit en son bon»

heur ; Plutôt soient, par la mort, nos douleurs assoupies , Que nous fassions entendre à ces terres impies Les hymnes consacrés au seul nom du Seigneur.

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