‹ Œuvres choises de Desportes, Bertaut (volume 2)Chapitre 40 sur 66 · LE MAUVAIS GÎTE · texte numérisé non relu

LE MAUVAIS GÎTE

oyez que c'est du monde, et des choses hu-

Toujours à nouveaux maux naissent nouvelles

peines ; Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constants, Jamais, après la pluie, envoyé le beau temps. Etant né pour souffrir, ce qui me reconforte , C'est que, sans murmurer, la douleur je supporte. Et tire ce bonheur du malheur où je suis , Que je fais, en riant, bon visage aux ennuis ; Que le ciel affrontant je nasarde la lune , Et vois, sans me troubler, l'une et l'autre fortune.

Entré donc que je fus en ce logis d'honneur, Pour faire que d'abord on me traite en seigneur, Et me rendre en amour d'autant plus agréable , La bourse déliant je mis pièce sur table ; Dès-lors pour me servir chacun se tenoit prêt ;

(1) C'est au sujet de cette satire que Boileau a reproché à Régnier d'avoir prostitué les Muses.

Et murmuroient tout bas : L'honnête homme que

c'est! Toutes, à qui mieux nneux,s'efforçoient de me

plaire.

L'on allume du feu, dont j'avois bien affaire. Je m'approche, me sieds ; et, m'aidan t au besoin , Jà tout apprivoisé jemangeois sur le poing (i). Quand au flamber du feu trois vieilles rechignécs Vinrent à pas comptés comme des araignées: Chacune sur le cul au foyer s'accroupit, Et sembloient, se plaignant, marmoter pr r dépit. L'une , comme un fantôme affreusement hardie , Sembloit faire l'entrée en quelque tragédie; L'autre , une Egyptienne, en qui les rides font Contrescarpes, remparts, et fossés sur le front ; L'autre, qui de soi-même étoit diminutive , Ressembloit, transparente, une lanterne vive. Or j'ignore en quel temps d'honneur et de vertu, Ou dessous quels drapeaux elles ont combattu ; Si c'étoit mal de saint (2), ou de fièvre quartame; Mais je sais bien qu'il n'est soldat, ni capitaine , Soit de gens de cheval , ou soit de gens de pié ,

(1) Allusion aux oiseaux de fauconnerie , qu'on rend assez familiers pour qu'ils mangent sur le poing.

(2) Le peuple a donné le nom de quelque saint à plusieurs maladies. Ainsi l'épilepsie se nomme mal de saint Jean ; la rage , mal de saint Hubert, etc.

Qui dans la Charité soit plus estropié.

Bien que maître Denis, savant en la sculpture ,

Fit-il, avec son art, quinaude la nature ;

Ou, comme Michel-1' Ange , eùt-il le diable au

corps , Si ne pourroit-ii faire, avec tous ses efforts , De ces trois corps tronqués une figure entière , Manquant à cet effet , non i'art , mais la matière, A ce piteux spectacle il iaut dire le vrai , J'eus une telle horreur que tant que je vivrai Je croirai qu'il n'est rien au monde qui guérisse Un homme vicieux, comme son propre vice. Toute chose depuis me fut cà contre-cœur ; Bien que d'un cabinet sortît un petit cœur , Avec son chaperon , sa mine de poupée , Disant: J'ai si grand peur de ces hommes d'épée, Que si je n'eusse vu qu'étiez un financier , Je me fusse plutôt laissé crucifier , Que de mettre le nez où je n'ai rien à faire. Jean , mon mari , monsieur, il est apothicaire. Sur-tout, vive l'amour; et bran pour les sergents. Ardez, voire, c est mon: jemeconnois en gens. Vous êtes, je vois bien, grand abateur de quilles; Mais au reste honnête homme , et pavez bien les

filles.

P »•»-» m'p -i-k /-»*->. io -i-,7^c-/-, !

^onnoissez-vousr.. niais non; je n ose le nommer. Ma foi , c'est un brave homme , et bien digne d'aimer.

204 MATHURIK REGNIER.

Il sent toujours si bon! Mais quoi ! vous l'iriez dire.

Cependant, de dépit, il semble qu'on me tire

Parla queue un matou, qui m'écrit sur les reins

Des griffes et des dents, mille alibis forains.

Comme un singe fâché j en dis ma patenôtre ;

De rage j e maugrée et le mien et le vôtre ,

Et le noble vilain qui m'avoit attrapé.

Mais, monsieur , me dit-elle, auriez vous point soupe ?

Je vous pri , notez l'heure (i) . Eh bien , que vous en semble?

Etes-vous pas d'avis que nous couchions ensemble?

Moi , crotté jusqu'au cul , et mouillé jusqu'à l'os,

Qui n'avois dans le lit besoin que de repos ,'

Je faillis à me pendre, oyant que cette lice

Effrontément ainsi me présentoit la lice.

On parle de dormir; j'y consens à regret.

La dame du logis me mène au lieu secret.

Allant, on m entretient de Jeanne et de Macette ;

Par le vrai Dieu, que Jeanne étoit et claire et nette

Claire comme un bassin , nette comme un denier.

Au reste, fors monsieur, que j'étois le premier.

Pour elle, qu'elle étoit nièce de dame Avoie ;

(i) Une heure après minuit, selon un des derniers vers de la satire précédente.

Qu'elle feroit pour moi de la fausse monnoie ; Qu'elle eût fermé sa porte à tout autre qu'à moi. Et qu'elle m'aimoit plus mille fois que le roi. Tout branloit dessous nous , jusqu'au dernier

étage.

D'échelle en échelon, comme un iinot en cage , Il falioit sauteler, et des pieds s'approcher , Ainsi comme une chèvre en grimpant un rocher. Après cent souhre-sauts nous vînmes en la chambre , Qui n'avoit pas le goût de musc, civette, ou d'ambre.

La porte en étoit basse, et sembloit un guichet , Qui n'avoit pour serrure autre engin qu'un crochet.

Six douves de poinçon servoient d'ais et de barre, Qui bâillant grimassoient d'une façon bizarre. Or, comme il plut au ciel, en trois doubles plié , Entrant je me heurtai la caboche et le pié , Dont je tombe en arrière , étourdi de ma chute , Et du haut jusqu'au bas je fis la cullebutte , De la tête et du cul comptant chaque degré. Puisque Dieu le voulut, je pris le tout à gré. Aussi qu'au même temps voyant cheoir cette

dame , Par je ne sais quel trou je lui vis jusqu'à i'ame , Qui fit en ce beau saut, m'eclatant comme un fou , Que je pris grand plaisir à me rompre le cou.

Au bruit Macette vint: la chandelle on apporte ; Car la nôtre en tombant de frayeur étoit morte. Dieu sait comme on la vit et derrière et devant , Le nez sur les carreaux, et le fessier au vent ; De quelle charité l'on soulagea sa peine. Cependant de son long, sans pouls et sans haleine, Le museau vermoulu, le nez écarbouillé , Le visage de poudre et de sang tout souillé , Sa tête découverte , où l'on ne sait que tondre , Etlorsqu'on lui parloit qui ne pouvoitrépondre ; Sans collet, sans béguin , et sans autre afïiquet - Ses mules d'un côté , de l'autre son toquet. En ce plaisant malheur, je ne saurois vous dire S'il en falloit pleurer, ou s'il en falloit rire. Après cet accident trop long pour dire tout , A deux bras on la prend , et la met-on debout : Elle reprend courage; elle parle, elle crie ; Et chan géant , en un rien , sa douleur en furie , Dit à Jeanne , en mettant la main sur le rognon , C'est , malheureuse , toi , qui me portes guignon . A d'autres beaux discours la colère la porte. Tant que Macette peut elle la reconforte. Cependant je la laisse, et, la chandelle en main , Regrimpant i' escalier , j e suis mon vieux dessein . J'entre dans ce beau lieu, plus digne de remarque Que le riche palais d'un superbe monarque. Étant là , je furette aux recoins plus cachés , Où le bon Dieu voulut que, pour mes vieux péchés,

SATIRES. 20y

Je susse le dépit dont l'âme est forcenée , Lorsque, trop curieuse, ou trop endemenée , Rodant de tous côtés, et tournant haut et bas , Elle nous fait trouver ce qu'on ne cherche pas. Or , en premier item , sous mes pieds je rencontre Un chaudron éhréché,la bourse d'une montre , Quatre boîtes d'onguents , une d'alun brûlé i Deux gands despariés , un manchon tout pelé ; Trois fioles d'eau bleue , autrement d'eau seconde ; La petite seringue , une éponge, une sonde , Du blanc , un peu de rouge , un chiffon de rabat ; Un balai , pour brûler en allant au sabat ; Une vieille lanterne, un tabouret de paille , Qui s'étoit sur trois pieds sauvé de la bataille : Et dedans un coffret qui s'ouvre avec enhan , Je trouve des tisons du feu de la Samt-Jean , Du sel , du pain béni , de la fougère , un cierge , Trois dents de mort, plies en du parchemin vierge; Une chauve-souris , la carcasse d un geai ; De la graisse de loup , et du beurre de mai. Sur ce point Jeanne arrive, et faisant la doucette: Qui vit céans , ma foi, n'a pas besogne faite : Toujours à nouveau mal nous vient nouveau sou- Je ne sais, quant à moi quel logis c'est ici : Il n'est, par le vrai Dieu, jour ouvrier, ni fête. Que ces carognes-là ne me rompent la tête.

Bien , bien , je m'en irai sitôt qu'il sera jour.

On trouve clans P.aris d'autres maisons d'amour.

Je suis là, cependant, comme un quel'on nasarde.

Je demande que c'est. Hé ! nj prenez pas garde ,

Ce me répondit-elle; on n'auroit jamais fait.

Mais bran , bran ; j ai laissé Là-bas mon attifet.

Toujours après souper cette vilaine crie.

Monsieur, n'est-il pas temps ?couchons*nous, je vous prie.

Cependant, elle met sur la table les draps ,

Qu'en bouchons tortillés elle avoit sous les bras.

Elle approche du lit , fait d'une étrange sorte :

Sur deux tréteaux boiteux se couchoit une porte ,

Où le lit reposoit, aussi noir qu'un souillon.

Un garde-robe gras servoit de pavillon ;

De couverte un rideau, qui, fuyant (vert et jaune)

Les deux extrémités, étoit trop court d'une aune.

Ayant considéré le tout de point en point ,

Je fis vœu cette nuit de ne me coucher point ,

Et de dormir sur pieds , comme un coq sur la perche.

Mais Jeanne tout en rut s'approche, et me recherche

D'amour , ou d'amitié , duquel qu'il vous plaira.

Et moi : Maudit soit-il , m'amour, qui le fera.

Polyenne (i) pour lors me vint en la pensée 7

(i) Allusion à l'aventure de Polyacnos et de Circé , décrite dans Pétrone.

Qui sut que vaut la femme en amour offensée , Lorsque, par impuissance , ou par mépris, la nuit On fausse compagnie , ou qu on manque au déduit.

Jeanne, non moins que Circe, entre ses dents

murmure , Sinon tant de vengeance, au moins autant d'injure.

Or, pour flatter enfin son malheur et le mien , Je dis: Quand je fais mal, c'est quandjepaiebien. Et faisant révérenee à ma bonne fortune , En la remerciant je le comptai pour une. Jeanne , rongeant son frein , de mine s'appaisa , Et prenant mon argent, en riant me baisa : Non, pour ce que j'en dis, je n'en parle pas, voire, Mon maître , pensez-vous ? J'entends bien le grimoire ; Vous êtes honnête homme, et savez l'entre-gent. Mais, monsieur, croyez-vous que ce soitpour l'argent?

J'en fais autant d'état comme de chènevottes. Non , ma foi , j'ai encore un demi-ceint , deux cottes , Une robe de serge, un chaperon , deux bas , Trois chemises de lin, six mouchoirs, deuxrabats. Et ma chambre garnie auprès de Saint-Eustache. Pourtant, je ne veux pas que mon manie sache. Disant ceci , toujours son lit elle brassoit ,

Et les linceuls trop courts par les pieds tirassoit ; Et fit à la fin tant , par sa façon adroite , Qu'elle les fit venir à moitié de la coite. Comme son lit est fait: Que ne vous couchez-vous? Monsieur, n' est-il pas temps? Et moi de filer doux . Sur ce point elle vient, me prend et me détache , Et le pourpoint du dos par force elle m'arrache. A la fin j e pris cœur , résolu d'endurer Ce qui pouvoit venir, sans me désespérer. Qui fait une folie, il la doit faire entière : Je détache un soulier , je m'ôte une jartière , Froidement toutefois ; et semble, en ce coucher, Un enfant qu'un pédant contraint se détacher ; Que la peur tout ensemble éperonne et retarde : A chacune aiguillette il se fâche, et regarde , Les yeux couverts de pleurs , le visage d'ennui , Si la grâce du ciel ne descend point sur lui. L'on heurte sur ce point ; Catherine on appelle. Jeanne, pour ne répondre, éteignit la chandelle. Personne ne dit mot. L'on refrappe plus fort , Et faisoit-on du bruit pour réveiller un mort. A chaque coup de pied toute la maison tremble , Et semble que le faîte à la cave s'assemble. Bagasse , ouvriras-tu ? C'est celui-ci , c'est mon . Jeanne, ce temps pendant , me faisoit un sermon : Que diable aussi, pourquoi? que voulez -vous

qu'on fasse ?

Que ne vous couchiez-vous ? Ces gens , de ïa menace

Venant à la prière, essayoient tout moyen. Ore ils parlent soldat, et ores citoyen. ] ls contrefont le guet ; et de vois magistrale : Ouvrez, de par le roi. Au diable un qui dévale. Un chacun , sans parler, se tient clos et couvert. Or, comme à coups de pieds l'huis s'étoit presque

ouvert, Tout de bon le guet vint. La quenailie fait gille. Et moi, qui jusques-là demeurois immobile , Attendant étonné le succès de l'assaut , Cepensai-je,il est temps que je gagne le haut, Et,troussant mon paquet,de sauver mapersonne. Je me veux r'habiller , je cherche , je tâtonne , Plus étourdi de peur que n'est un hanneton. Mais quoi ! plus on se hâte, et moins avance-t-on. Tout, comme par dépit, se trouvoit sous mapatte. Au lieu de mon chapeau je prends une savate ; Pour mon pourpoint , ses bas ; pour mes bas , son

collet ; Pour mes gands , ses souliers ; pour les mien s , un

ballet.

Il sembloit que le diable eût fait ce tripotage. Or Jeanne me disoit, pour me donner courage , Si mon compère Pierre est de garde aujourd'hui , Non , ne vous fâchez point, vous n'aurez point

d'ennui.

Cependant , sans délai , messieurs frappent en

maître.

212 3IATHURIK REGKIER.

On crie, Patience; on ouvre la fenêtre.

Or, sans plus m'amuser après le contenu ,

Je descends doucement, pied chausse, l'autre nu;

Et me tapis d'aguet derrière une muraille.

On ouvre, et brusquement entra cette quenaille,

En humeur de nous faire un assez mauvais tour.

Et moi , qui ne leur dis ni bon soir , ni bon jour ,

Les voyant tous passés, je me sentis alègre :

Lors, dispos du talon, je vais comme un chat

maigre , J'enfile la venelle; et, tout léger d'eiïroi , Je cours un fort long temps sans voir derrière moi . Jusqu'à tant que trouvant du mortier, de la terre, Du bois, des estancons, maints plâtras , mainte

pierre Je me sentis plutôt au mortier embourbé , Que je ne m'aperçus que je fusse tombé. On ne peut éviter ce que le ciel ordonne. Mon ame cependant de colère frissonne ; Et prenant, s'eile eût pu, le destin à parti , De dépit, à son nez, elle l'eût démenti ; Et m'assure qu'il eût réparé mon dommage. Commejefussur pieds, enduit comme une image, J'entendis qu'on parloit; et, marchant a grands

pas.

Qu'on disoit: Hâtons-nous; je i ai laissé fort bas. Je m'approche , je vois , désireux de connoître. Au lieu d'un médecin, il lui faudroit un prêtre ,

SATIRES. 2l3

Dit Vautre, puisqu'il est si proche de sa fin. Comment! dit le valet, ètes-vous médecin ? Monsieur, pardonnez-moi , le curé je demande* Il s'en court , et disant, à Dieu me recommande , Il laisse là monsieur, fâché d'être déçu. Or comme , allant toujours , de près je l'aperçu , Je connus que c étoit notre ami, je l'approche : Il me regarde au nez, et riant me reproche , Sans flambeau, l'heure indue! et de près ine

voyant Fangeux comme un pourceau, le visage effrayant, Le manteau sous le bras, la façon assoupie : Etes-vous travaillé de la licantropie ?

Dit-il, en me prenant pour me tâter le poulx. £t vous, dis-je, monsieur, quelle fièvre avez-vous? Vous, qui tranchez du sage ainsi parmi la rue ! Faites-vous sur un pied toute la nuit la grue ? Il voulut me conter comme on i'avoit pipé , Qu'un vaiet, du sommeil ou de vin occupé , Sous couleur d'aller voir une femme malade , L'avoit gaiantement payé d'une cassade.

Il nous faisoit bon voir tous deux bien étonnés , Avant jour par la rue, avec un pied de nez ; Lui, pour s'être levé, espérant deux pistoles , Et moi, tout las d'avoir reçu tant de bricolles. Il se met en discours , je le laisse en riant. Aussi que je voyois aux rives d'Orient , Que l'Aurore, s'ornant de safran et de roses ,

21 4 MATHURIN REGJVIEll.

iSe faisant voir à tous , iaisoit voir toutes choses , Ne voulant, pour mourir, qu'une telle beauté Me vît, en se levant, si sale et si croté : Elle qui ne m'a vu qu'en mes habits de fête. Je cours à mon logis ; je beurte, je tempête ; Et croyez à frapper que je n'étois perclus. On m'ouvre ; et mon valet ne me reconnoît plus. Monsieur n'est pas ici: que diable! à si bonne

beure !

Vous frappez comme un sourd. Quelque temps

je demeure.

Je le vois; il me voit, et demande, étonné , Si le Moine-bourru m'avoit point promené. Dieu! comme étes-vous fait! Il va: moi de le suivre ; Et me parle en riant, comme si je fusse ivre. Il m'allume du feu , dans mon lit je me mets , Avec vœu, si je puis, de n'y tomber jamais , Ayant à mes dépens appris cette sentence : Qui gai fait une erreur, la boit à repentance , Et que quand on se frotte avec les courtisans . Les branles de sortie en sont fort déplaisants. Plus on pénètre en eux , plus on sentie remeugle. Et qui, troublé d'ardeur, entre au bordel aveugle, Quand il en sort , il a plus d'yeux , et plus aigus, Que Lyncé l'argonaute , ou le jaloux Argus.

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A MONSIEUR FREMINET(i).

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