‹ Œuvres choises de Desportes, Bertaut (volume 2)Chapitre 8 sur 66 · SONGE · texte numérisé non relu

SONGE

Celle que j'aime tant, Lasse d'être cruelle , Est venue, en songeant, la nuit me consoler : Ses yeux étoient riants, doux étoit son parler, Et mille et mille amours voloient alentour d'elle.

O douce illusion ! ô plaisante merveille ! Mais combien peu durable est l'heur d'un amoureux !

Voulant baiser ses yeux, hélas, moi malheureux î Pcu-à-peu doucement je sens que je m'éveille.

AMOTJRS.DE DIANE,. .2$

Encor long-temps depuis d'une ruse agréable Je tins les yeux fermés, et feignois sommeiller : Mais le songe passé, je trouve au réveiller Que ma joie étoit fausse, et mon mal véritable.

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