G LES FEMMES CHRÉTIENNES AU CINQUIÈME SIECLE
tous ceux qui étaient capables de parler et d'écrire des auditeurs nouveaux, une foule neuve, qui n'apportait pas des oreilles blasées, un esprit flétri, qui venait leur ouvrir, au contraire, un cœur jusque-là libre et disposé à frémir, à tressaillir de tout ce qui serait véritablement diççne d'admiration. On a eu raison : l'arrivée de ce flot d'esprits nouveaux devait changer les conditions littéraires du monde ; mais on n'a pas pris assez garde à cette invasion plus grande, plus considérable, accomplie avant celle des barbares : je veux dire l'invasion des esclaves, des ouvriers, des pauvres, des femmes, dans le monde intellectuel, c'est-à-dire l'invasion de la plus grande partie de l'humanité qui venait demander, non pas des empires, des biens, des terres, comme les barbares le demandèrent plus tard, mais une part légitime dans cette jouissance promise à tous, qui est due à tous, du vrai, du bien, du beau.