XVIII ALFRED DE VIGNY : ŒUVRES CHOISIES
par obéissance à cette loi dont il écrira, dans ce caprice dramatique, Quitte pour la peur, « cette loi que je ne vis jamais nulle part écrite, mais que je sentis toujours vivante en moi, la loi de l'honneur », voici qu'il se promettait de rester fidèle à la branche aînée des Bourbons, — promesse qu'il tint pendant dix-huit ans, avec « une constance de lévrier ^ ». Il avait beau écrire dans son JournaU le 21 août 1830 : « En politique, je n'ai plus de cœur. Je ne suis pas fâché qu'on me l'ait ôté, il gênait ma tête... », son cœur lui donnait encore une consigne : celle de la fidélité la plus belle, de la fidélité à un pouvoir déchu, dont on ne saurait plus rien attendre. Raffinant sur le point d'honneur, il croyait qu'on ne pouvait servir deux maîtres, même successivement '^.