‹ Œuvres choisiesChapitre 21 sur 135 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

contre le régime censitaire. II écrivait à Quinetle 27 août 1844: (( Toutes les fois que votre brillante parole enseignera que la dignité de l'homme moderne est dans la pensée et combattra les pouvoirs publics qui ne reconnaissent que la richesse, la tête du Docteur Noir et le c(cur de Stello vous répondront à la fois, »

Viennent les journées de février 1848. il s'applaudira de la victoire. (( Bientôt, écrivait-il, j'imprimerai mes pensées entières, délivré des censures d'un pouvoir ombrageux et insolent. » Mais il voulait le (( maintien de l'ordre » et ses craintes à ce sujet purent paraître assez fondées. Songeant à l'action, il pensa se faire envoyer à Londres comme ambassadeur de la République ; puis, voj^int que l'avenir delà F'rance dépendrait de l'Assemblée nationale, il tenta de recevoir des électeurs charcutais le mandat de député. Sa candidature de gentilhomme-poëte, posée de Paris, recueillit peu de sufîrages. Effrayé, comme tant d'autres, par le spectre rouge, il se rallia assez vite à l'Empire et parut aux fêtes de Compiègne. On lui a prêté l'ambition de devenir gouverneur du Prince impérial. <( Il n'était pas courtisan, écrit Lamartine, mais il pouvait aspirer tout bas à un rôle historique. »

Retiré le plus souvent au Maine-Giraud, garde-malade tendre et patient de sa (( chère Lydia ^ », dont la santé précaire linquiétait toujours davantage, à peine rompait-il son silence pour affirmer sa foi en la destinée des idées, le 1er février 1854, dans La Bouteille à la mer ^. Le succès lui venait maintenant : dix éditions de ses ouvrages venaient de s'écouler : « Je suis surpris de cette vente régulière et rapide de mes ouvrages, sans annonces, sans articles, sans affiches... » (1852.) II sentait que son nom ne périrait pas. Il pouvait entonner son hosanna à l'Esprit pur, — la dernière religion de cet incroyant. La mort de M"»e de Vigny l'avait cruellement frappé, en décembre 1862. Miné lui-même par un cancer à l'estomac, il ne devait pas lui survivre longtemps.

la souveraine et unique maîtresse des empires... Les orateurs et les. écrivains sont les rois de l'intelligence, et c'est l'intelligence qui finira par gouverner le monde. »

1 ^/jnie V. Hugo écrivait à Sainte-Beuve le 31 avril 1864 : « J'ai lu et relu votre étude sur de Vignj', C'est profond, délicat et vrai... Toutefois, il me semble que vous n'avez pas rendu justice aux vertus de famille de M. A. de V. Je sais de lui, à cet égard, des faits nobles et touchants... »

^ Revue des Deux Momies.

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