ÉLÉGIE
Symétha parut dans le recueil des Poèmes de 1822 ; — la date de i8i5 n'apparaît qu'en 1829. Vigny, dans cette élégie, « jouait de la tlùte sur le mode d'André Chénier, ressuscité depuis quelques années et mis en lumière >>. (Sainte-Beuve.) Dans sa minutieuse et décisive étude : L'influence d'André Chénier sur Alfred de Vigny (R. H. L. F. no i, 1909), P. M. Masson a établi que notre poëte avait retouché, sinon composé cette pièce après de gourmandes lectures de l'édition des Œuvres complètes d'André de Chénier^ donnée, en 1819, à Paris par Henri de Latouche.
Symétha, sœur de « Myrto, la jeune Tarentine » et de « la blanche Néère », a beau emprunter son nom à telle héroïne de Théocrite, elle reste en un sens la création personnelle d'Alfred de Vigny : vierge insensible, « ingrate », qui ne répond plus à l'amour qu'elle a inspiré, Symétha, dans quelques printemps, deviendra peut-être une Dalila.
— Selon l'usage romantique, la pièce fut dédiée — en 1829 — à un poëte, mort l'année précédente :
A Pichald, Auteur de Léonidas et de Guillaume Tell.
(( Navires aux larges flancs de guirlandes ornés, Aux dieux d'ivoire, aux mâts de roses couronnés,