‹ Œuvres choisiesChapitre 55 sur 135 · LE REPOS · texte numérisé non relu

LE REPOS

Une fois, par malheur, si vous avez pris terre,

Peut-être qu'un de vous, sur un lac solitaire, ICO

Aura vu, comme moi, quelque cygne endormi.

Qui se laissait au vent balancer à demi.

Sa tête nonchalante, en arrière appuyée.

Se cache dans la plume au soleil essuyée :

Son poitrail est lavé par le flot transparent, ^165

Comme un ccueil où l'eau se joue en expirant ;

Le duvet qu'en passant l'air dérobe à sa plume

Autour de lui s'envole et se mêle à l'écume ;

Une aile est son coussin, l'autre est son éventail ;

Il dort, et de son pied le large gouvernail 170

Trouble encore, en ramant, l'eau tournoyante et douce,

Tandis que sur ses flancs se forme un lit de mousse,

De feuilles et de joncs, et d'herbages errants

Qu'apportent près de lui d'invisibles courants.

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