‹ Œuvres choisiesChapitre 69 sur 135 · LE SILENCE · texte numérisé non relu

LE SILENCE

S il est vrai qu'au Jardin sacré des Ecritures,

Le Fils de l'homme ait dit ce qu'on voit rapporté ;

^'^9 Napoléon disait à un théophilanthrope : « Oh ! ne me parlez pas d'une religion qui ne me prend qu'à vie, sans m'cnseigner d'où je viens et où je vais. » {Premiers lundis, II, 195.) C'est ce que Vrigny demanderait à une révélation. — « Je sais d'où je viens et où je vais », dit Jésus. (S. Jean, vin.)

133 // remonte (18()4) : faute évidente.

^30 « i£t étant tombé eu agonie, il redoublait ses prières. » (S. Luc.) Le poëte se souvient du Songe de Jean Paul.

^'"^^ Cf. Lamennais, Paroles d'un croyant, xii : « C'éloit dans une nuit sombre ; un ciel sans astres pesoit sur la terre, comme un couvercle de marbre noir sur un tombeau. »

*''- « Judas... vient en ce lieu avec des lanternes, des flambeaux et des armes » (S. Jean, xviii, 3.) Vigny avait pu admirer chez lady Blessington, à Londres, le chef-d'œuvre de Mantegna intitulé l'Agonie du Jardin, entré depuis à la National Gallery. (E. Dupuy. A. de V., II, 358.)

^''■^ Ce codicille, qui formule superbement la consigne sloïquc du silence, n'avait point paru du vivant du poète. Sainte-Beuve compare le silence de Vigny au silence d'Ajax chez Homère, au silence de Didon chez ^'^irg^le. {Noua, lundis, ^'I )

Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, 145

Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,

Le juste opposera le dédain à l'absence,

Et ne répondra plus que par un froid silence

Au silence éternel de la Divinité.

2 avril 1862.

Page 1