I. Poète latin moderne, ne' à La Haye
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T'a fait . dès le berceau , couler dans chaque veim' , La flamme de l'amour avec l'eau d'Hippocrène.
iïais qui l'auroit pu croire ? Apollon bien traité Fut encor moins heureux qu'Apollon rebuté. L'Amour, ingénieux à montrer sa puissance , Sur lui, par ses préseiits, acheva sa vengeance. A peine pour Daphné ses regrets sont finis. Que le traître à ses yeux présente Coronis, A la constance près, en mérite complette. Plus belle que Vénus et plus fine coquette. Il vit, à peu de frais , au gré de ses désirs, Noler la récf mpeuse au-devant des soupirs ; Mais cet astre sans pair fut mis en parallèle , Et ne put étie unique aux yeux de cette belle. De deux rayons nouveaux un moi tel insolent Oi aa du blond Phébus le front étincelant , Eî l'indiscret corbeau, nistiquement fidèle. Lui conta cumme un sot la choquante nouvelle. Flattoz-vous du secret , inconstantes beautés , Les oiseaux publii'ont vos infidélités.
Apollon rétrograde, aveuglé de colère.
Quitte le capricorne et rentre au sagittaire, D'où son courroux trop prompt et trop bien obéi, Peice d'un trait moi tel ce cœur qui l'a trahi. .Malheureux dans l'affront dont ou le déshonore ! Dans la punition plus malheureux encore !
Pour adoucir l'aigreur de son mortel eimui. Il prend soin d'un enfant qu'il croyoit être à lui. A la mère expirante il arrache ce gage , L'emporte, et le confie aux nymphes d'un bocage. Par elles chez Ghiron secrètement conduit. Le centauT-e fameux dans sa ?iotte l'instrait.
170 Satires.
Croissez j jeune Esculape, et dans la solitude Méditez ce grand art digne de votre étude. Cet art si respecté, dont le puissant secours Commande à la douleur et prolonge les jours. Par vos nobles travaux à vous suivre excitée , Une postérité nombieuse, accréditée, Aux timides mortels imposera des lois.
Et pour premiers sujets pourra compter les rois. On aura foi pour tous. Le trop lent galénique, Le chimique trop prompt, l'impudent spagirique. Auront chacun leur dupe, et, par divers chemins. Feront expérience aux frais des corps humains. On verra constamment la crainte et la foiblesse Attacher à leur char l'honneur et la richesse ; De l'amour de la vie ardents à profiter. Ils vendront cette mort qu'on cherche d'éviter ; Et, quaDd ils quitteront vos fidèles maximes , La terre dans son sein recèlera leurs crimes.
Déjà le demi-dieu, par son pire inspiré, Signaloit son savoir, des hommes adoré : Déjà de ses secrets les merveilles hardies Reléguoient aux enfers l'essaim des mala<lies ; Et toujours bienfaisant, à la honte des dieux. Il déroboit la teiTe aux châtiments des cieux, Quand, par une entreprise à son art interdite. Pour complaire à Diane, il ranime Hippolyte; Et forçant de fléchir l'inflexible destin, Des griffes de la mort il ravit son butin. Alors de l'Achéron le monarque barbare, D'un coup de son trident entr'ouvre le Ténare; Et sur un tourbillon de bitume et de poix , Pousse au ciel obscurci sa foudroyante voix. « Est-ce de ton aveu qu'on me fait cet outrage ,
Satires. i;
Jupiter ? N'es-tu pas content de ton partage ? Et cet audacieux, superbe de son art.
Vient-il me déclarer la guerre de ta part?... Ah! si je le crDvois!... » La nature tremblante, A ce cri menaçant, frissonne d'épouvante. Jupiter, d'un snuris rassérénant les airs : « Cesse de t'alarmer, dit-il , roi des enfers. Pour un qu'ôte Esculape à ton empire sombre , Bientôt ses successeurs t'en enverront sans nombre; Mais , pour calmer l'esprit de son frère irrité , Il lance un coup mortel au dieu de la santé. L'atteinte en est certaine , et la brûlante foudre Prend à sa longue barbe et le réduit en poudre.
Qui pourroit d'Apollon dépeindre la douleur ? Lui, qui colore tout, en perdit la couleur. Il disparut aux yeux. A la nature entière Une éclipse imprévue interdit la lumière; Et . pour avoir forgé le trait pernicieux , Les siens privent du jour le cyclope odieux. %'ulcain n'est plus servi dans sa grotte enfumée , Et du maître des cieux la droite est désarmée. .Vinsi, quand un lion, par le Maure chassé. Ne peut joindre l'auteur du coup qui l'a blessé, Ses regards furioux. précurseurs de sa rage, Au désert effrayé dénoncent le carnage.
De ses rugissements tout cœur est palpitant ; L" -cho qu'il y contraint tremble en les répétant , Et sa superbe dent, teinte du sang qu'il verse, Brise en éclats sanglants la flèche qui le perce. Du dieu qui vous inspire, ardents imitateurs. Armez-vous comme lui , redoutables auteurs : Vos vers sont vos enfants, vos armes la satire ; Périsse f>ar ses traits quiconque ose leur nuire !