SONNET
iM^^^^ me de Richelieu , qui du haut de la gloire
•^^^^S. ^^^^ contempler l'ardeur de mon empressemeni
W^^\W '^t)aisse tes regards jusqu'à ce monument
^^^ifeS Que le zèle françois consacre à ta mémoire.
Vois comme le sculpteur, à Tenvi de l'histoire,
Enrichit ta vertu d'un nouvel ornement.
Et va forcer l'oubli dans ce retrancheme.it
Dont la mort et le temps font leur champ de victoire.
Les arts que fît fleurir ta libéralité
Assurent à ton nom la vaste éternité.
Malgré les vains efforts de la parque ennemie ;
Pièces Diverses.
Et l'ou verra toujours, par leur sublime don, Fumer le docte encens de ton Académie ^ur l'autel qu'à ta cendre élève Girardon.
e marquis si galonné, .g 3 Q^6 tu vois daus ce carrosse ^^ D'estafiers environné,
C.omme un pois l'est de sa cosse; Cet homme , dont à la cour Tout le monde est camarade , Et qui vous cite tout court La Tiimouille et La Feuillade, Qui jamais pour ses désirs Ne trouva de champ trop vaste; Qui jamais pour ses plaisirs Ne trouva de femme chaste; Cet homme si plein de faste, Qni, ne crachant gue grands mots.
Vous plante au nez sans propos :
Mon intendant et mon page; Le même , pour abréger, A rais sa vaisselle en gage Pour payer son boulanger.
^ laire avale sans se reprendre
,^ La bouteille de saint Thierri ,
^^''^ Et raàche de la coriandre
^ Pour le cacher à son mari.
Grégoire , qui ne sait pas vivre .
Lui voyant Tceil étincelant ,
268 Pièces Diverses.
Le teint rouge, l'air chancelant.
Dit sans façon que Claire est ivre.
Grégoire n'est qu'un impoli
(Mot nouveau que je viens d'apprendre).
Ceci seroit bien plus joli :
Claire a màclié sa coriandre.
'en conviens, mon rival à vous conter sa peine ^"^ Me surpasse sans contredit :
Il brille, et mille éclairs échappent de sa veine S) Mais quand on dit si bien ce que l'on sent, Climène, Le sent-on bien comme on le dit ?
;) 'où vient que pour Paris tu quittes ta patrie? Quel dessein t'y peut arrêter,
l^XÊIh Philandre, et sur quelle industrie T'es-tu flatté d'y subsister ?
— J'entends que le barreau fournisse à ma dépense ,
Damon; j'y ferai mon devoir,
Et puis je me flatte d'avoir
Quelque talent pour l'éloquence.
— Cherche une autre profession :
Le prince du sénat s'est déclaré contre elle. S'ils vivoient aujourd'hui. Le Maître ni Pinelle, Sur ce fonds ne pourioient payer leur pension.
— Je ferai donc des vers.
— 0 ressource inutile !
Cet homme que tu vois en fait comme Virgile ; Cet autre égale Ovide en sa facilité.
D'espoir depuis vingt ans Apollon les amuse. Et ne fournit pas à leur muse
De quoi couvrir sa nudité.
— A la faveur des grands on me verra prétendre.
Si nul autre dessein n'a lieu,
— Fort bien; tu feras donc renaître de leur cendre
Ou Mécénas , ou Richelieu.
— Dis-moi donc quelque endroit à me tirer d'affaire; Je veux vivre à Paris , je n'en rabattrai rien.
— C'est tout ce que tu pourras faire Si tu veux être homme de bien.
ue Pernelle est contredisante !
i^\ Qu'il faut chèrement acheter ^^^/ 7 Cinq ou six cents écus de rente i^î^îSF^sà*^^ Que d'elle j'espère hériter! A toute heure elle fait la moue Et contrôle ce que je dis :
Quand je plaisante, je médis; Je suis un flatteur quand je loue, Un fanatique quand je lis, Un dissipateur quand je joue.
Si je suis gai, je suis un fou; Si je suis triste, un loup-garou.
Elle me tcturne en ridicule, Si j'ai parfois bon appétit; Si j'en manque, ma vieille dit Que c'est un reste de crapule; Vais-je à l'église fréquemment, Je suis taxé d'hypocrisie; Si je n'y vais que rarement.
Je suis entaché d'hérésie.
Pour moi , j'y perds l'entendement.
Un jour je lui disois : — Ma tante.
Tout vous déplaît , tout vous tounnente ;
Quand aurez-vous contentement?
Quand ? reprit-elle , au monument ;
Et pour moi la mort est trop lente.
Lors lui prit un éternùmeut;
Sur quoi je lui dis bonnement,
Mais de grand cœur : Dieu vous contente !
u sais quel homme (toit Maurice, ^^ Le plus débauché des humains.
, rad Tant qu un destin riant favorisa son vice , W/s^^J L'Opéra n'eut jamais de danseusecu d'actrice
Qui ne lui passât par les mains.
Depuis cinq ou six mois, déroutes sur déroutes
Ont dissipé son capital :
Procès, embrasements, faux marchés, banqueroutes.
Ont mis Maurice à l'hôpital.
Habillé de droguet et meublé de bergame , Il pleure ses malheurs dont Texcès le poursuit : Mais son plus grand chagrin est de se voir réduit
A demeurer avec sa femme.
la divine chasseresse [forêts,
Vénus dit en raillant : Toujours dans les Trouvez-vous cet emploi digne d'une déesse. De parler à des chiens, ou de tendie des rets? Diane répondit : De mes plaisirs honnêtes Pourquoi condamnez-vous l'exercice assidu? Ne puis-je pas, ma sœur, tendi-e des rets aux bêtes. Puisque votre mari vous en a bien endu?
PiÈCKs Diverses.
liez mourir sur 1<' seiu d'une bell»^ , A qui je voue une amitié fidèle, Petites fleurs dont mon cœur est jaloux ; ir^iii*^?t^ Le ciel ma fait moins de grâces cpi'à vous, Et peu s'en faut que je ne l'en querelle. Son teint vaincra votre fraîcheur nouvelle, Et sa vertu vos parfums les plus doux : Double triomphe, à vous honte cruelle; Allez mourir.
Si j'étois jenne, une flanmie éternelle L'in\iteToit à Tardeur mutuelle; Mais puisqu'enfin mon étoile eu courroux , Ne permet pas tel commerce entre nous, Pour lui prouver comme je vis pour elle, Allez mourir.
oras , rieur de son quartier, ,ç,^^ Aussi facétieux qu'ivrogne;, ^J^ Avec gens du même métier, 7jà Alloit à déjeuoer boire sm* le chantiei D'un excellent vin de Bourgogne :
Il tira dessous son manteau Certain je ne sais quoi, qu'on crut être une gourde
Mais l'ayant mis sur le tréteau, On connut que c'étoit une lanterne sourde. Que fais-tu de cet instrument, Lui dit, en riant, Timagène?
Te crois-tu plus heureux que ne fut Diogène , Qui pour trouver un homme en usa vainement ' Non, reprit Coiax fioidement;
272 Pièces Diverses.
Bien que je sois du sel attique
Le partisan, l'admirateur,
De cette impudence cynique Tu ne me verras point le fade imitateur. Quand je marche en plein jour armé d'une lanterne, Un soin plus raisonnable à le faire m'induit ; C'est que dès qu'une fois j'entre dans la taverne,
Je n'en sors plus qu'après minuit.
.raste est donc, Aminthe, un joli petit homme?
^^^'^Ouij Phrosine, on le dit; d'après nos beaux
Ainsi notre sexe le nomme. — [esprits,
■.xï^zv^^:^^ Dites-moi ce que c'est qu'un joli petit homme ?
Je ne l'ai jamais bien compris. — Un joli petit homme est celui qui se pique De chanter des premiers les airs de du Bousset,
Qui n'a point d'or dans son gousset, Mais des points, des rubans autant qu'une boutique, Bien peigné, bien chaussé, qui fait pas de ballets, A récurer ses dents met son étude extrême. Toujours parle à l'oreille et vous dit qu'il vous aime ,
Qui vous fait lire des poulets
Qu'il s'écrit souvent à lui-même, Qui sait quel pitit-maitre a dîné chez Rousseau,
Quelle femme s'est enivrée , Qui fait bien un ragoût, connoit un bon morceau. Et de toute la cour distingue la livrée. Mieux fourni de tabac qu'on ne l'est au bureau , Donnant le choix du pur ou de la boite ambrée , Qui sait de tout Paris les secrets rendez-vous,
Qui vous dit : Un tel est jaloux,
Un tel brille pour une telle ..
- yuo, : ce n'est que cela ? - Rien que cela, ma l.oli. 1 n jnh petit l]omme, Aminthe, est, entre nous Lne fort grande bagatelle.
n\\?^^ ^^^'^ ^^ ^'^^^^^ sévère, m V'/^ ^- *^^°* P^^^' ^et œil battu; M.\fe^ Diroit-on pis que la vertu ' ^&^^^MXm Habite en sa poitrine austèi-e' ■T'en suis détr-mpé. Dieu merci; Kt j'apprends des vieilles histoires Qu^il fit son cours chez d'Assoucy.
Et travaille sur ses mémoires.
^ÛY^yfe ?""' ''''''' ^^^^'^ '^^' ^'^ perruque hL-nde mM^ ^^^^r ses dents? Son geste est un meutem- • "^^^^^ b 11 a des dents , je veux bien qu'on me tondp
.4 M. le comte de La Guiche.
^ omte chéri, 1 1 te plains d'insomnie : 0f: C'est un grand mal; mais n'est -il point d'uiseaux ^^ Dans les forêts, dont la douce harmonie p';^"" endormira Nest-il point de ruis-
P'-'Ui t a..suupir par lear tendre murmure ' .eaux bi ces secours que t'offre la nature Sont impuissants, n'est-il plus de pav-ts"' AV-.C leur jus l'adi-oite Pasithée,
2^4 Pièces Diverses.
De son époux, dans sa grotte enchantée , Pour s'évader affermit le repos.
Mais pour calmer ta bile soulevée, Viens-moi trouver, 3 'ai recette éprouvée Dans un village où je suis retiré :
Quel opium avec art préparé Fait mieux baisser ta paupière endormie ! Viens à mon prône entendre mon curé ; Je t'en réponds pour une heure et demie.