ACTE V, SCENE II. m
Mêle encor ses éclats au tumulte de l'onde ; Des vents impétueux le souffle déchaîné Va renverser la barque où Tell est entraîné : Tout mon cœur se remplit de mortelles alarmes Ah ! pour perdre un tyran , grand dieu , prends
d'autres armes ; Et , s'il doit être en proie aux vagues en courrouv , Daigne les aplanir pour sauver mon époux... Hélas i l'orage augiaente , et ma prière est vaine : Je frissonne de crainte, et je respire à peine. Mon époux va jiérir. Juste ciel ! confonds tu Dans le même destiji le crime et la vertu... ? Me trompé-je? les vents déjà loin du rivage Semblent chasser la foudre et porter le ravage ; Calme inutile, hélas ! l'éponx qui m'est si cher Echappe à la tempête et non pas à Gessler. Sans relâche frappée en ce jour trop funeste, li'orage se dissipe, et ma terreur me reste.