‹ Œuvres choisiesChapitre 126 sur 244 · I. E JEUNE BRAMINE · texte numérisé non relu

I. E JEUNE BRAMINE

Jloi ! vouloir ton Irépas ? quel délire ! ah ! ma sœur !

LA VEUVE

Si je la suis , commence à rac fermer ton cœur.

Le frère exhorte ici la sœur au sacrifice ;

Mon honneur et le tien veulent qu'il s'accomplisse.

IVla famille t'attend autour de mon bûcher;

Il ne t'est plus permis de te laisser toucher.

Le droit du sang n'est rien, tu dois être barbare;

Ce qui rapproche ailleurs est ce qui nous sépare ,

L'ordre de la nature est renversé pour nous;

r.t de frère et de sœur les noms toujours si doux

Perdent entre nous deux leur charme, leur empire,

Se tournent contre nous, et veulent que j'expire.

LE JEUNE BRAMINE

Mes yeux sont dessillés , je te dois mon secours ; J e ne connois plus rien que le soin de tes jours. Que m'inqiortent vos lois.'' que méfait votre usage? De tout braver pour toi je me sens le courage ; ïu m'opposes eu vain l'exemple des cruels Qui, pour hâter ta mort, t'assiègent aux autels ; Tu l'as vu , de ta iin la douloureuse attente , Quoique étranger pour toi, me glaçoit d'épouvante ; Et cette humanité dont j'écoutois la voix , Mêlée au cri du sang, auroit 2)erdu ses droits.'' Si l'homme a , sur ces bords, renversé la nature, llétablissons pour nous la loi qu'il défigure : Non , ce n'est pas à moi sans doute, après mon sort , A devoir respecter des coutumes de mort. Si j'ai pensé jadis périr, loin de ces plages , Victime, comme toi, de barbares usages.

De malheurs entre nous cette conformité , Va, ne me permet point l'insensibilité.

Je ne suis point ce frère inflexible et barbare Qu'endurcissent nos mœurs , que la démence égare ; Je suis par la nature un cœur simple entraîné,

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