I. A VEUVE
n ne s'informoit point quelle étoit la vjctime?
i(Jrt LA VEUYE DU MALABAR.
LE .lEUNE BRAMIÎTE.
Nou ; l'humauité seule et l'inspire et l'auime. Avec quelle chaleur sa pitié, soa courroux , Sou indiijuation éclatoient devant nous ! Il u'auroit point montré d'ardeur plus véhémeute Poirr défendre une sœur, ou sauver uue amante. A de si beaux transports je brùlois d'applaudir ; Mais aux yeux du Rramine à ce point m 'enhardir, C'étoit faire à des cœurs dont Je )nien se dé/Je Soupçonner l'intérêt que je prends à ta vie. Qu'il est dur de cacher la pitié dans son sein , Et de dissimuler pour paroitre inhumain ! Hélas! l'Européen , ne pouvant me connoître , Mevoyoit du même œil qu'il voyoit leGrand-Prètrc. Ah! combien j'en souffrois ! Il court au gouverneur ; A te sauver la vie il a mis son honneur ; Et sans tes surveillants, dans sa fureur extrême, Il viendroit en ce lieu t'en arracher lui-même.
I, A VEUVE
Ah! détourne ses pas ; tu connois trop la loi ,
Il ne peut en ces lieux paroitre devant moi ;
Les yeux d'un étranger souilleroient la victime.
De sa seule présence on me feroit un crime ;
Mais peut-être en ce jour, quoiqu'il soit mon soutien ,
Ton intérêt pour moi t'exagère le sien.
Il a pris ma défende, il suivoit dans son zèle
Un premier mouvement de pitié naturelle.
Mais cet Européen envoyé par son roi
N'a-t-il pas d'antres soins que de penser à moi ?
Peut-il prendre ma cause , et ne pas me connoitrc ?
(à part.) D'ailleurs, puis-je accepter P Un seul mortel peutêtre...