ACTE V, SCENE III
Tu violes la trêve et ces lois mutnelles , Ce droit des nations au fort de leurs querelles ; Et lâche incendiaire, odieux destructenr, l'u voudrois me paroitre un dieu liljérateur ! Ah! lorsque ta fureur et ta haine couverte Du chef de ces Français précipitent la jieile, Connois-moi tout entier, et sache qu'aujourd'hui , Pour sauver LanasSa , je me joignois à lui.
LE GRAND BIlAMIÎfE.
Qu'entends-je ! tu formols une trame si noire , Et m'oses insulter? toi , traître !
LE JEUNE BRAMINE
Et j'en fais gloire.
Je l'étois envers toi , non comme toi , cruel , Pour commettre le crime à l'ombre de l'autel ; Je l'étois pour sauver d'une mort effroi able Un sexe infortuné que ta coutume accable.
LE GRAND B R A M I N E
Vois donc ou t'a conduit une folle pitié ; Tu livrois ton pays !
LE JEUNE BRAMINE
J'en sauvois la moitié , La moitié la plus foihle et la plus malheureuse ; Celle que poursuivoit une loi monstrueuse; Celle qu'en tous les temps, d'un si cruel accord, Notre sexe opprima par le droit du plus fort; Celle pourtant qu'on voit, à nos destins unie , Nous aider à porter les neines de la vie , Et dont le charme inné, toujours victorieux . Par-tout adoucit l'homme, excepté dans ces lieux.
Effroyable blasphème! outrage inconcevable ! Brama ne tonne point sur ta tète coupable !
LE JEUNE BRAMINE
Tu ne sais pas encor ce que j'osois ici ,
De quel crime à tes veux je suis encoi- noirci ;
j8o la veuve du malabar.
En sauvnnt Lanassa je servois la nature, La victime est lua sœur.
LE GKAIVn BRAMINE.
O comble de l'injure!
r. E JEUNE BRAMINE.
Sur la férocité d'un usage odieux,
Sur d'affreux préjugés que n'al-je ouvert ses yeux !