I. E GRAND BRAMINE
Ue nos lois , de nos mœurs , tu te faisois le juge : ïu veux sa honte ! un frère !
LE JEUNE BRAMINE
Un vertueux transfuge , Qui brûle de sortir, et pour jamais , d'un lieu Où d'une loi de sang il fait le désaveu. Oui, barbare , à la mort j'ai voulu la soustraire ; Pour la sacrifier je ne suis point son frère ; Je le suis pour l'aimer, jjour être son soutien ; Le ciel me fit un cœur bien différent du lien. Périsse sur ces bords ta coutume cruelle ! Je connois la nature , et je ne counois qu'elle.
LE GRAND BRAMINE, à uu Brainiue.
Amenez la victime; un autre plus soumis Va remplir cet emploi que je t'avois commis.
Va , si j'ai dans ce jour un reproche à me faire ,
C'est d'avoir accepté ce fatal ministère.
De t'avuir obéi , de l'avoir écouté ;
Je rougis du respect que je t'avois jiorle.
De mon humble réserve, et des doutes timides
Dont j'avois combattu tes leçons homicides.
Peuples, c'est devant vous que j'abjure à jamais
Vos couttimes, vos lois, vos solennels forfaits;
Ma raison par vos mœurs ne peut être obscurcie,
Ni mon instinct changé , ni mon anie endurcie;
Malgré l'opinion, malgré sa cruauté ,
Le sentiment l'emporte, et mon rœr.r m'est resté.