‹ Œuvres choisiesChapitre 17 sur 244 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

M'avertit d'éviter mon trépas par leur mort. '

HYPERMNESTRE

Ciel J ô ciel !

^ DAÎSAUST

Ta frémis !

HYPERMNESTRE

Malhenreuse.'ali.'qn'entends-ie!

DAN A us.

Tu pâlis d'un destin aussi cruel qu'étrange ; Chaque mot, chaque instant ajoute à ton effroi ; La nature te parle et t'attendrit pour moi ; Plus que moi tu ressens le péril qui me presse : Je n'ai que trop prévu ton trouble et ta tendresse ,1e reconnois ina fille : ose donc me servir; Assure-moi le jour qu'on cherche à me ravir : Je n'ai recours qu'à toi ; tu connois Ja victime , Prends ce fer, et l'immole.

( il lui présente un poignard.

HYPERMNESTRE

O trahison ! ô cri me !

D AN AUS

Le crime est prévenu , je suis trop sûr de toi : Tes sœurs vont m'obéir, toutes s'arment pour moi

HYPERMNESTRE

Quoi .'mes sœurs! quoi ! leursbras!...

D A N AU s.

Elles sorten t du temple Dans ce dessein ;va,cours,donne,oureçois'rexempIe; Que l'odieux Lyncée expire cette nuit.

Tu détournes les yeux ?

HYPERMNESTRE, a part.

Quelle horreur me saisit!

lu le tais! aurois-tu trompé mes espérances?

HYPERMNESTRE

l,j.t-ce vous qui parlez .*•

lo HYPERMNESTRE,

» AN A us.

Est-ce toi qui balances?

HYPERMNESTRE

Sur Un époux, grands dieux .'oser porter mes coups!

D ANAUS.

Quoi ! dans mon ennemi tu peux voir un époux.:' Le préférer.'',

HYPERMNESTRE.'

Qui .'' moi , croire servir mon père l'n levant sur Lyncée une main meurtrière.'' La nature m'armer contre l'hymen.'' ah ! dieux ! Je serois à la fois l'opprobre de tous deux.

Perfide ! jusque-là tu trahis ma vengeance ; Avec mes ennemis es-tu d'intelligence?

HYPERMNESTRE

Ah ! daignez imposer à mon cœur abattu Des lois que puisse suivre et chérir ma vertu. Mon père , bannissez une terreur frivole ; Songez qui vous voulez que votre fille immole , (le qu'il faut renverser de lois , de sentiments , (ie qu'il faut violer de droits et de serments; Non, je ne puis fixer les yeux sur de tels crimes : Quoi ! prendre sauspitié vos gendres pour victimes ! Quoi! demander, pour mieux assurer leur trépas... jNon, vous-même , seigneur, ne vous connoissez pas : Sans reculer d'horreur me verriez-vous sanglaent Du fianc de mon époux retirer dégouttante La main , la même main qu'aux yeux des inimorteLs .fe lui viens d'engager par des nœuds solennels? Quel calme attendez-vous de cet affreux carnage? Pourriez- vous de leurmort souffrirThorribleimage? Pourriez-vous soutenir mes cruels entretiens, Mes reproches, mes cris, vos remords et les miens. Tous ces noms odieux que dans les pleurs baignée Je vous verrois donner par la terre indignée?

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