‹ Œuvres choisiesChapitre 191 sur 244 · SUR LE M A M F. S V · texte numérisé non relu

SUR LE M A M F. S V

Taudis que le soleil , éclairant d antres moudes Ne laisse sur ses pas que des ombres profoudes

0 Pliébé 1 dévoilant ton char silejacieux,

Ver.-i les monts opposés leve-toi dans les ( ieux ^ Sur le dôme étoile que ton éclat décore , Le soir, fais luire aux yeux uue plus douce aurore ; Et i-einplaçant le jour, qui par degrés s'enfuit. Prends de tes doigts d'argent le sceptre delà Nuit ;

1 )e tes tendres clartés caresse la nature ,

Rends leur émail aux champs, aux arbres leur verdure. A travers la fcrêt que ton pâle flambeau Se glisse , et du feuillage éclairant le rideau , .1 l'ame, en ses peusers doucement recueillie Révèle le secret de la mélancolie.

Queldemi-jourcharmant! quel calme! quci.'-ef/éls! Poursuis, reine des nuits, le cours de tes bienfaits ; Protège de tes léux , et rends à sou amante Le jeune liomme égaré sur la vague écumaulc ; Au voyageur perdu dans de lointains climals Prête un rayon ami qui dirige ses pas : Tandis que le sommeil, les songes, le silence,

Doux et paisible! essaim (|ui dans l'air se balance , Planent près de ton char, et composent ta cour.

(Génie de l'homme, parM.

' " '-- Chènedollé, ch. I.)

SUR LE MEME S U J t l' .

L'ceil se plaît à chercher en des nuages d or

L'astre qu'on ne voit plus, et que l'on sent encor.

Le jour à son déclin , la nuit à sa naissance ,

L'ombrage des forêts qui dans les cliann)s s'avance ,

La chanson de l'oiseau qui par degrés finit ,

La rose qui s'efface , et l'onde (£ui brunit ,

Lesbois, lesprés, doutToiubre obscurcit la verdure,

L'air qui souille une douce et légère Iroidure ,

Phébé , qui, seule encore, et presque sans clarté,

Au milieu des vapeurs levé un front argenté.

Et semble , en promenant son aimable indolence ,

Un fantôme voilé que guide le silence ;

Le murmure des Ilots qu'on entend sans les voir,

Et le cri du hiljou dans le calme du soir;

Combien de ces objets on goûte la tristesse !

Que sous son crêpe encor la nature intéresse !

A l'heure où la journée approche de sa fin ,

Le sage, en soupirant, contemple ce déclin.

Et, ramsnant sur soi sa pensée attendrie ,

Voit dans le jour mourant l'imnge de la vie.

( La Mélancolie , poème .

par M. Legouvé).

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