VOYAGES AUX. EAUX
La pftroît le guerrier blessé dans les coniLals , l'ar de longues douleurs racheté du trépas ; H tiï;r.pe un bras débile en «ne eau secourable^
DU POEME DES FASTES. 7<j
Non, comme dans le Styx, pour être invulnérable, Mais pour courir encore où le péril l'attend. Je vois auprès de lui Lise se lamentant. Rose décolorée-et qui vient languissante Refleurir dans le sein de cette eau bienfaisante, Un hypocondre Anglais de son spleen consumé , Un livide Espagnol par la bile enflammé, Le chanoine amaigri, scandale du chapitre, Les vaporeux titrés, les vaporeux sans titre. Ne croyez, pas pourtant que la source des bains Ne prodigue ses flots qu'à d'iulirmes humains ; Toujours le plus plaintif n'est pas le plus malade : Il est des maux d'emprunt , des langueurs de parade, Un peuple féminin que Sénac fatigué , Exprés pour s'en défaire, aux bains a relégué. D'autres vont d'habitude à cette eau salutaire Humecter tous las ans leur chef visionnaire ; Plus d'un oisif y vient pour guérir sou eunui, Sans songer au secret d'en préserver autrui.
Toutefois, au milieu de ces fous aquatiques , Sont esprits amusants , charmantes lunatiques , Qui, malades par air, faites pour le plaisir. Se départent souvent du projet de languir: Un nouveau Céladon a suivi sa bergère ; Céliante , alléguant un mal anniversaire , Et pour fuir par semestre un importun mari , Dans l'onde, autre Syriug, a cherché cet abri : C'est souvent Taniilié sensible avec courage Qui sert le cacochyme et se met du voyage. Des fontaines de Spa que l'on boive les eaux , La , par vanité même , on se croit tous égaux ; Tout est comte ou baron ; le bor'geois de la veille Sent de ces noms flatteurs chatouiller son oreille : Mais les mêmes secours qu'ensemble ou a cherchés Sont le plus doux lien des esprits rapprochés; On s'unit aussitôt, et, sans préliminaires,
8o TKAGMEINTS
Le besoin r^iid égaux ,les infirmes sont frères; L'aimable Liberté , vers ces antres pierreux , Sous des habits flottants se promené avec eux; L'Espérance y paroit d'un air eucor iimide , Et c'est là qu'iisculape est sans barbe et sans ride. (Chant VIII.)