A MADAME DE VERMENOUX
'ans des entretiens où lu'iuspire Votre grâce et votre gaîté , Souvent je vous ai vu sourire Aux boutades , luèine au délire De mon cerveau trop exailé.
Wais dans une missive oiseuse Je serai moins sur le trépié Qu'en une dispute Joyeuse Où votre esprit est de moitié.
M'accouderai-je à mon pupitre Pour vous traitei, dans une épîire.
Ou de Minerve ou de .1 unon , Ou pour mettre sur votre nom D'autres sobriquets héroïques Iraînés dans les sonnets antiques Ou de Ronsard ou de Villon ?
Parceqn'entre divers mérites, Qui seroient 1 objet de mes vers, De vos tables saus tapis veris Les chances du jeu sont proscrites ; Qu'autour d'ua ennuyeux loto Tout le bonheur de votre vie Ne dépend point de ia sortie D'un capricieux numéro :
i42 POESIES DIVERSES.
Mais qu'au lieu de cet exercice , Du temps sage appréciatrice , Née avec un jugement sain , Dans le fond de •voire bergère, De bons livres sous votre main, Vous vous dérobez, solitaire, . i
Au tourbillon d'un monde vain ; Prendrai-je acte de la lecture Qui seconde en vous la nature Pour vous aflîcber bel esprit , Pour vous joindre au cercle eu crédit De ces ex-beautés déaigrautes Qui par réforme sont pédantes , Et pbilosopbes par dépit ?
A Dieu ne plaise que je blesse Vos intentions et vos goûts :
Quelque vains que nous soyons tous, Homme riverains du Permejse, Je consens par délicatesse Que ces vers ne soient qu'entre nous ; Je n'écris point sous double adresse , L'uue au public, et l'autre à vous.
C'est ainsi qu'une humeur discrelte , P)ieu qu'on sache ce que l'on vaut , Piéprimc en moi, lorsqu'il le faut , La gloriole du jioëte :
Eh .' vous ne rirez que trop tôt D'un défaut dont mou art m'avoue !
Déjà les Zéphyrs sont plus chauds, Et le char fleuri des gémeaux Sur les derniers tours de sa roue Nous amené des jours plus beaux:
J'irai doue vous chercher vers Sève , JJaus ce parc riant qui s'élève Sur le 2)encbaat des verts coteaux; Là, sous l'ombrage des ormeaux, A l'aspect des bords de la Seine, Nous examinerons sans peine, Dans nos agréables débats , Si l'altiere philosophie, Dont mon siècle fait tant de cas , Doit fièrement prendre le pas Sur la divine poésie ; Si la renommée a toujours L'estime publique à sa suite; Si les écrits , pour avoir cours, Ont besoin d un autre secours Que d'un véritable mérite ; Si le nombre est fécondité ; Si la gloire contemporaine Est toujours l'attente certaine D'un nom chez la postérité ; Et si , malgré rexj)éiience , Sur Pradon et sur Colletet , Des temps pour faire le trajet, Il est des chambres d'assurance Dans nos hôtels de riambouillet.