DE L'ODE D'HORACE
PASTOR cm/ TRy4HKRET.
Xun. berger ravisseur d'une épouse perfide, L'entraînoitavec lui sur la plaine liquide :
Neptune sort des flots , Et d'un coup de trident calmant les airs et l'onde,
Dans cette paix profonde ,
Le menace en ces mots :
Tu cours vers tes foyers sous un sinistre augure , Coupable séducteur d'une beauté parjure :
Qu'oses-lu hasarder?
Vois-tu contre Priam et contre son empire
La Grèce qui conspire
Pour la redemander?
Déjà l'égide au bras , déjà le casque en tète , Pallas du haut d'un char au carnage s'apprête :
Quel deuil suit ses fureurs !
Que de sang va payer ta criminelle joie .'
Et qu'aux veuves de Troie
Tu prépares de pleurs !
LfiMlEaRF.. 2. II
i82 POESIES DIVERSES,
Fais flotter avec art ta blonde chevelure ; Sur l'appui de Vénus dont tu tiens ta parure
Tu comptes Tainement :
Un jour , liélas ! trop tard , le sang et la poussière
De ta tète adultère
Souilleront rornement.
j>fonclialaiiiment penclié sur ta couche timide. Tu croiras échapper à la lance homicide ,
Aux javelots , aux feux , Et les doigts sur ton luth , dans un cercle de le m m es ,
Tu charmeras leurs âmes
Par des sons langoureux.
Mais toujours la vengeance est sur les pas du crime. Ne vois-tu pas Ajax poursuivre sa victime,
Punir ta trahison .•' Teucer de Salamine et le fils de Laèrte
Jurent avec ta perte
Celle de ta maison.
Crains Sthenelus , dont l'oeil vaut le bras intrépide, Par qui, d'un char roulant sur un axe rapide
Les coursiers sont conduits ; Crains Nestor, Mérion , et sur-tout Diomede :
La lureur le possède ;
Il se montre , et tu fuis.
Tel un cerf hors d'haleine , oubliant l'herbe tendre. Au seul aspect du loup qui cherche k le surprendre , " S'enfuit aux antres sourdj :
Au devant des périls est-ce aiasi que tu voles, Aruant brave en paroles, Auprès de tes amours ?
Ati ide offense Achille , et grâce à sa colère Déplorable Ilion, ta chute se diffère,
Sure , après ces délais :
Oui, tu tombes enfin; quelques hivers encore,
Et la flamme dévore
Tes tours et les palais.
VERS DE SANNAZAll. SUR LA VILLE DE VENISE.
V iDERAT Hadriacis Venetam Neptunus in undis Stare urbem et toti jjonere jura luari •
Nunc mihiTarpeias quantumvis, Jupiter, arces Objice , et ista tui mcenia jNlartis , ait
Si pelago Tibrim pra;fers , urbem aspice utramque Illam homines dices .banc posuisse Deos.