ACTE I, SCENE I. (Vi
Ou livre-moi Melchtal , ou subis ton arrêt ; Mon père pour réponse offre au tyran sa vie , Et le cruel Gessler.... ô crime ! 6 barbarie ! Dans les yeux de mon père , un glaive.... jour d'horreur .' Mon sang se glace encor jusqu'au fond demoncœar.
TELL
Je reconnois Gessler et sa main meurtrière.
MELCHTAL
Privé de la clarté, mon trop malheureux père , Appesanti déjà sous le fardeau des ans , N'a pu long-temps survivre à de pareils tourments; Loin d'un fils qu'en mourant il accusoit peut-être Il a lîni ses jours dans les chaînes d'un traître : Et quand je songe, ami , qu'à ce monstre abhorré. C'est moi , par mon absence , hélas ! qui l'ai livré , Je m'impute, cher Tell , sa mort et son supplice, Et d'un lâche tyran je me crois le complice.
TELL
Ami , je plains ton sort: mais quel est ton dessein.''
MELCHTAL
D'approcher de Gessler, de lui percer le seiti , De laver dans son sang son crime et mon outrage.
TELL
C'est assez pour ta haine et peu pour ton courage. Dans un danger pressant où l'on craint tout pour soi, La défense est forcée et n'attend pas la loi ; Mais dans les maux publics, dans le commun murmure , n faut mettre en oubli souvent sa propre injure. Quelque vengeance ici qu'exige ton malheur. Il est d'autres devoirs, d'autres soins pour ton cœur : Donne un effet plus vaste à ta juste furie. Venge plus que ton père.
MELCHTAL
Eh ! qui donc?