ACTE III, SCENE IV. y
Qu'ordonnes -tu , barbare ?
GESSI.ER
Au milieu de la place , Je devois par ta lîiort châtier ton audace, Je chan<;e de pensée. Ecoute : ta te plains Que j'asservis la Suisse à mes caprices vains : Mais enfin, cette loi que toi seul viens d'enfreindre, Qu'il ialloit respecter, qu'au moins il falloit craindre, Arbitraire peut-être, absurde, si tu veux, N'avoit rien de pénible et rien de dangereux ; C'étoit l'ordre d'un jour, c'étoit la loi commune ; Tu la braves : eh bien , je vais t'en prescrire une . Arbitraire de même et plus dure pour toi , Qui sera ton supplice au moins par ton effroi. On dit que par ta main une flèche lancée Vole aisément au but oii tu l'as adressée ; Pour te punir, pour mettre à la révolte un frein , De ton adresse ici dépendra ton destin : Voilà ton fils ; je veux qu'une pomme à ma vue Sur sa tète à l'instant par toi soit abattue. Qu'on entoure son fils, gardes, répondez-m'en.
CL É o F É.
Qu'entends-je.'