‹ Œuvres choisiesChapitre 88 sur 244 · ACTE III, SCENE IV. yS · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV. yS

Je crois même te voir, en observant ses charmes , Tout prêt à te laisser désarmer par ses larmes : El c'est à son aspect, si propre à t'émouvoir. Que tu formes, cruel , le dessein le plus noir. Celui de tourmenter avec tant de furie , Dans l'objet le plus cher , ceux dont il tient la vie ! Trois victimes pour une ! et c'est moi , justes dieux ! Qui t'aurai suggéré ce projet monstrueux! Je suis innocemment complice de ton crime Et je t'aurai moi-même amené ta victime ! Il est un dieu vengeur: il ne souffrira pas Que du sang de mon fils je marque ici mes pas , Ni que tant de forfaits s'amassent sur ta tête. Il en est qu'il permet, il en est qu'il arrête. Prends garde : tu te fais un jeu lâche et cruel D'enfoncer le poignard dans ce cœur maternel ; Tu jouis, inhumain, du tourment que j'endure; Mais il n'est point de cœurs liés par la nature. Point de cœurs généreux, et faits pour la sentir, Où mes douloureux cris ne doivent retentir. Chaque mère, témoin de ta rage effrénée. Craignant de la fureur la même destinée , Me servant contre toi de juge et de soutien, En t'arrachant mon iils, croira sauver le sien.

G E s STj E R.

Allez; c'est trop tarder à punir leur audace, Que leur fils à l'instant soit conduit dans la jjlace. CLEOFE , se jetant sur son fils, qu'elle arrache des mains des soldats.

Il n'ira point; cruels, respectez mon effroi. Mes larmes, mon amour, l'appui que je lui doi ; Respectez et mon fils et sa mère enhardie. Tant qu'un reste du sang qui lui donna la yie Animera ce cœur, ce cœur désespéré , Je sauverai mon fils, ou je le défendrai ; Ce sein qui l'a nourri lui servira d'asile.

,/) CxUILLAUME TELL.

GE s s L E R.

C'est trop de résistance ; obéissez, soldats ; Qu'elle rende son fils , ou frappez-le en ses bras.

( Les soldats arrachentTenfant; Gléofé court après eux en criant.)

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