DES
Dans les sanglantes querelles du xvp siècle, Ronsard prit le parti de la cour et de la religion catholique. Nourri des bienfaits de Henri II, de Catherine de Médicis et de ses fils, il avait encore pour motif de ce choix Famour du loisir et de la paix, qui inspira également Horace et Malherbe. La haine que portaient les huguenots aux lettres profanes et aux frivolités galantes devait aussi Findisposer contre eux. Il lança donc, sous le titre de Discours des misères de ce temps, de Remontrance au peM])le de France, etc., etc., quelques satires politiques qui sont comme la contre-partie des Tragiques de d'Aubigné. Il faut dire, àFhonneur de Ronsard, que toutes ces pièces respirent, au milieu de préventions injustes, une profonde horreur des troubles, une tendre et filiale piété pour la France. D'ailleurs le ton en est vif, le style chaud, et la verve rapide bien qu'inégale. Ou en jugera par les extraits suivants.