‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 112 sur 135 · A LA RIVIÈRE DU LOIR · texte numérisé non relu

A LA RIVIÈRE DU LOIR

Respon-moy, meschant Loir, me rens-tu ce loyer Pour avoir tant chanté ta gloire et la louange? As-tu osé, barbare, au milieu de ta fange Renversant mon bateau, sous tes flots m'envoyer?

Si ma plume eust daigné seulement employer Six vers à célébrer quelque autre fleuve estrange, Quiconque soit celuy, fust-ce le Nil, ou Gange, Le Danube ou le Rhin, ne m'eust voulu noyer.

Pindare, tu mentois, l'eau n'est pas la meilleure De tous les elemeus : la terre est la plus seure. Qui de son large sein tant de biens nous départ.

0 fleuve Stygieux, descente Acherontide,

Tu m'as voulu noyer, de ton chantre homicide,

Pour te vanter le fleuve oîi se noya Ronsard. ^

Une chanson de Ronsard, qui n'est pas assez bonne pour trouver place ici, se termine par cet envoi spirituel que Cliaulieu, dans un accès de goutte, aurait pu joindre à l'un de ses billets doux rimes, car Ronsard était coutteux aussi :

Chanson, va-t'en où je t'adresse.

Dans la chambre de ma maîtresse; Dy-luy, baisant sa blanche main,

» Éd. P. BU, t. V, p. 359.

Que, pour en santé me remettre, Il ne luy faut sinon permettre Que tu te caches dans son sein. '

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